La protection des mineurs est une priorité absolue dans notre système juridique. Dans ce contexte, l'intervention de la Cour de cassation est souvent cruciale pour définir les contours de la responsabilité parentale et les devoirs du juge. L'ordonnance n° 16084 du 16 juin 2025 s'inscrit avec autorité dans ce paysage, offrant une clarification fondamentale sur les modalités d'établissement des comportements violents ou agressifs des parents et sur leur impact sur le bien-être des enfants. Cette décision souligne l'importance d'une enquête approfondie et non superficielle, réaffirmant que l'intérêt supérieur du mineur doit toujours guider les décisions judiciaires, en particulier lorsque des situations de risque potentiel émergent.
L'affaire opposait les parties B. et C. concernant des mesures relatives au mineur. La Cour d'appel de Messine, par arrêt du 11 mars 2024, avait modifié le droit de visite paternel, en prévoyant son exercice en dehors d'un "espace neutre", tout en confirmant l'autorité parentale exclusive à la mère, mais sans aborder adéquatement certaines questions cruciales. La Cour suprême, intervenant par l'ordonnance n° 16084/2025, a cassé avec renvoi la décision de second degré, soulignant une grave lacune dans l'instruction. En particulier, la Cour d'appel n'avait pas pris en compte les épisodes de violence assistée subis par le mineur et n'avait pas procédé à un examen adéquat des tentatives de manipulation dénoncées par le père lors des rencontres avec son fils. Cette omission a constitué une violation des principes fondamentaux régissant la protection des mineurs, tels que consacrés par les articles 337 ter et 337 quater du Code civil, qui placent l'intérêt du mineur au centre de toute évaluation.
En matière de mesures concernant les mineurs, le juge ne peut négliger l'allégation de comportements violents ou agressifs tenus par les parents du mineur, devant en rechercher le fondement, afin de reconstituer le tableau d'ensemble de la relation familiale et d'évaluer le meilleur intérêt du mineur et l'aptitude des figures parentales. (Dans l'espèce, la S.C. a cassé avec renvoi l'arrêt de la cour d'appel qui avait modifié le droit de visite paternel, en prévoyant son exercice en dehors d'un "espace neutre", tout en confirmant la décision de première instance d'autorité parentale exclusive à la mère, sans toutefois prendre en compte les épisodes de violence assistée subis par le mineur et sans procéder à un examen adéquat quant à la survenance ou non des tentatives de manipulation dénoncées par le père lors des rencontres avec le fils).
La maxime ci-dessus représente le cœur de la décision de la Cour de cassation et en clarifie la portée innovante et de renforcement des droits du mineur. Elle établit un principe impératif : le juge ne peut ignorer les allégations de violence ou d'agressivité de la part des parents. Cela ne signifie pas accepter aveuglément chaque accusation, mais impose un devoir d'investigation rigoureux. L'objectif est double : d'une part, reconstituer fidèlement la dynamique familiale, d'autre part, évaluer l'aptitude parentale et, surtout, garantir le meilleur intérêt du mineur. La violence assistée, c'est-à-dire le fait qu'un mineur soit témoin d'actes de violence entre les parents, est reconnue comme une forme de maltraitance ayant de graves répercussions psychologiques et émotionnelles. De même, les tentatives de manipulation parentale peuvent saper la relation de l'enfant avec l'autre parent et altérer sa perception de la réalité, nécessitant une vérification attentive. La Cour de cassation, dans ce cas, a censuré la Cour d'appel précisément pour ne pas avoir mené ces investigations, démontrant que la simple confirmation d'une autorité parentale exclusive n'est pas suffisante si les questions de fond relatives à la sécurité et au bien-être psychologique de l'enfant ne sont pas abordées.
L'ordonnance n° 16084/2025 s'inscrit dans un cadre normatif et jurisprudentiel consolidé, qui place au centre l'intérêt supérieur du mineur. Ce principe, consacré par l'article 3 de la Convention de l'ONU sur les droits de l'enfant et ratifié par l'Italie, trouve également son expression dans l'article 337 ter du Code civil. La décision de la Cour de cassation réaffirme que, face à des allégations de violence ou de conduites agressives, le juge doit activer tous les outils d'instruction à sa disposition pour en vérifier le bien-fondé. Cela inclut non seulement l'audition du mineur, lorsque cela est approprié et avec les précautions nécessaires, mais aussi l'acquisition de rapports des services sociaux, des expertises psychologiques ou neuropsychiatriques infantiles. L'omission de ces investigations peut entraîner une grave atteinte au droit du mineur de vivre dans un environnement serein et sûr, exempt de conduites préjudiciables. La jurisprudence a maintes fois réaffirmé que l'enquête ne peut se limiter à une évaluation formelle, mais doit approfondir la complexité des relations familiales, surtout lorsqu'il y a des signes de malaise ou de risque pour le mineur. La loi n° 77 du 27 juin 2013, qui a ratifié et donné exécution à la Convention d'Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique (Traité. Internat. 11/05/2011), impose aux États d'adopter des mesures pour protéger les mineurs victimes ou témoins de violence domestique, renforçant ainsi l'obligation d'investigation.
L'ordonnance n° 16084/2025 de la Cour de cassation représente un avertissement clair et sans équivoque pour tous les opérateurs du droit et, en particulier, pour les juges appelés à décider du sort des mineurs. La décision réaffirme avec force qu'aucune superficialité n'est admissible dans l'établissement de conduites potentiellement dommageables pour les enfants. La protection des mineurs, dans un contexte familial souvent complexe et conflictuel, exige un engagement constant et une attention scrupuleuse à tout signe de malaise ou de risque. Ce n'est qu'à travers une enquête complète et impartiale qu'il est possible de garantir que les décisions adoptées soient réellement orientées vers le "best interest of the child", en leur assurant un environnement de croissance sain et protégé. C'est un appel à la responsabilité de chacun dans la défense des plus vulnérables, en promouvant une justice qui soit non seulement équitable, mais aussi profondément humaine et protectrice.