La vie en copropriété, on le sait, est souvent parsemée de questions complexes, surtout lorsqu'il s'agit de travaux sur les parties communes et des relations avec les entreprises sous-traitantes. Qui a la faculté d'agir en justice en cas de défauts ou d'inexécutions ? Le propriétaire individuel peut-il agir de manière autonome ou doit-il toujours passer par l'administrateur ? L'ordonnance de la Cour de cassation n° 14829 du 3 juin 2025, une décision qui réaffirme un principe fondamental du droit de la copropriété italien, avec le Président B. M. et le rapporteur G. G., vient clarifier un aspect crucial de la gestion de la copropriété.
La Cour suprême, par la décision en question qui a vu s'opposer M. P. C. et D., réaffirme un concept clé : la copropriété n'est pas un sujet juridique autonome au sens traditionnel du terme, mais plutôt une « partie contractuelle complexe ». Cette nature impose que sa représentation, notamment dans les actions en justice concernant les parties communes et les contrats conclus dans l'intérêt collectif, soit confiée à un organe spécifique : l'administrateur de copropriété. L'article 1131 du Code civil, en effet, attribue à l'administrateur la représentation de la copropriété dans les limites des attributions établies par les articles 1130 et 1131, et, plus généralement, dans les litiges portant sur les parties communes de l'immeuble.
Dans ce contexte, la décision de la Cassation s'inscrit dans une lignée jurisprudentielle consolidée (rappelant des précédents tels que les n° 3636 de 2014 et n° 10371 de 2021), en précisant que :
La copropriété est une partie contractuelle complexe, nécessairement représentée par l'administrateur, de sorte que le copropriétaire individuel n'a pas la légitimation à agir, en son nom propre, contre l'entrepreneur des travaux de reconstruction ou de réparation des parties communes visés par la loi n° 219 de 1981.
Cette maxime est d'une importance fondamentale. Elle clarifie de manière sans équivoque que le copropriétaire individuel ne peut pas entreprendre de manière autonome une action en justice contre l'entreprise qui a exécuté des travaux sur les parties communes, par exemple pour des défauts de construction ou de réparation. La raison est simple mais profonde : le contrat d'entreprise est un contrat conclu par la copropriété dans son ensemble, par l'intermédiaire de son représentant légal, l'administrateur. Permettre au particulier d'agir individuellement créerait une fragmentation des actions en justice, pouvant potentiellement conduire à des décisions contradictoires et à une gestion chaotique des litiges. La loi n° 219 de 1981, rappelée dans l'arrêt, est une référence normative spécifique concernant les interventions dans les zones sismiques, mais le principe de représentation s'applique en général.
Que signifie cette décision pour le propriétaire d'un appartement qui constate un problème sur les travaux exécutés, par exemple, sur la façade ou sur le toit ? Bien que le défaut puisse lui causer un préjudice direct ou indirect, l'ordonnance n° 14829/2025 réaffirme qu'il ne peut pas agir en son nom propre contre l'entrepreneur. La voie correcte est de solliciter l'administrateur afin que ce dernier entreprenne les actions nécessaires à la protection des intérêts communs. Le copropriétaire peut :
Il est crucial de comprendre que l'intérêt du copropriétaire individuel, dans ces circonstances, se confond avec l'intérêt de la copropriété dans son ensemble. La réglementation des parties communes, régie par les articles 1117 et 1123 du Code civil, renforce cette perspective, en mettant l'accent sur la gestion unitaire et collective.
L'ordonnance de la Cour de cassation n° 14829 de 2025, qui a rejeté le pourvoi contre la Cour d'appel de Naples, offre une confirmation supplémentaire de la structure et du fonctionnement de la copropriété en tant qu'entité de gestion. La décision souligne l'importance du rôle de l'administrateur en tant que seul sujet légitimé à représenter la copropriété dans les litiges avec l'entrepreneur. Ce principe garantit l'ordre et la cohérence dans la protection des intérêts collectifs, en évitant des actions individuelles qui pourraient compromettre l'efficacité de la défense. Pour les copropriétaires, cela se traduit par la nécessité d'une communication efficace avec l'administrateur et d'une participation active aux décisions d'assemblée. En cas de doutes ou de situations complexes, le recours à un conseiller juridique expert en droit de la copropriété est toujours le choix le plus judicieux pour s'orienter au mieux et protéger ses droits dans le respect des réglementations en vigueur.