Le paysage des contrats de location à usage d'habitation a toujours été un terrain fertile pour les débats et les litiges, compte tenu de son importance tant pour les propriétaires que pour les locataires. La réglementation, en particulier la loi n° 431 de 1998, vise à équilibrer les besoins des deux parties, mais l'application pratique de ses dispositions peut souvent générer des incertitudes. Dans ce contexte, l'intervention de la Cour de cassation est fondamentale pour apporter clarté et orientation. L'ordonnance n° 15891 du 13 juin 2025 s'inscrit précisément dans cette lignée, offrant une interprétation décisive concernant les contrats de location à usage d'habitation écrits mais non enregistrés.
La loi du 9 décembre 1998, n° 431, est le pilier de la discipline des locations d'habitation en Italie. Elle introduit deux principaux modèles contractuels : les contrats à loyer libre (art. 2, alinéa 1) et les contrats à loyer concerté (art. 2, alinéa 3), ces derniers étant définis par des accords territoriaux entre les associations de propriétaires et de locataires. Un aspect crucial de cette loi est l'obligation d'enregistrer les contrats de location, une formalité qui, si elle n'est pas respectée, peut avoir des conséquences significatives sur la validité et l'efficacité du contrat lui-même. Au fil des ans, le législateur est intervenu à plusieurs reprises pour lutter contre le phénomène des loyers "au noir" ou irréguliers, en introduisant des mécanismes visant à protéger la partie faible du rapport, souvent le locataire.
La récente ordonnance n° 15891 de 2025, rendue par la Troisième Section Civile de la Cour de cassation, avec comme Président R. G. A. Frasca et comme Rapporteur M. Rossetti, a traité le recours déposé par S. (C. L.) contre N. (N. F.), cassant avec renvoi une décision antérieure de la Cour d'appel de Turin du 3 mars 2021. Le cœur de la question concerne la soi-disant "reconduction à la conformité" du loyer pour les contrats de location à usage d'habitation qui, bien qu'ayant été conclus par écrit et n'étant pas simulés, n'ont pas été enregistrés.
Le contrat de location à usage d'habitation à loyer libre, non enregistré mais conclu par écrit et non simulé, est soumis à la "reconduction à la conformité" prévue par l'art. 13, alinéa 6, troisième et quatrième périodes, de la loi n° 431 de 1998, même s'il a été stipulé avant le 1er janvier 2016, mais uniquement à partir de cette date ; dans ce cas, le juge, en fixant le loyer dû, ne peut excéder la mesure convenue par les associations professionnelles, conformément à l'art. 2, alinéa 3, de la même loi, à la seule exception du cas où le loyer librement convenu serait inférieur à ce dernier, et ce tant pour le contrat à loyer libre que pour le contrat à loyer concerté, car la quatrième période susmentionnée de l'alinéa 6 de l'art. 13, en fixant les pouvoirs de redétermination du juge, se limite à renvoyer à l'art. 2 sans distinction d'alinéas, englobant ainsi à la fois l'alinéa 1 (contrats à loyer libre) et l'alinéa 3 (contrats à loyer concerté) de cette norme.
Cette maxime de la Cour de cassation est d'une importance fondamentale. Elle établit qu'un contrat de location d'habitation, même à loyer libre, s'il est rédigé par écrit mais non enregistré et non simulé, est néanmoins soumis au mécanisme de "reconduction à la conformité" du loyer. Cela signifie que le loyer peut être redéterminé judiciairement. Un point crucial est l'applicabilité de cette norme même aux contrats stipulés avant le 1er janvier 2016, mais avec effet seulement à partir de cette date. De plus, l'arrêt clarifie une limite significative pour le juge : en redéterminant le loyer, il ne pourra jamais dépasser la mesure convenue par les associations professionnelles, comme prévu par l'art. 2, alinéa 3, de la loi 431/1998. La seule exception se produit si le loyer convenu librement était déjà inférieur à ce seuil. Cette règle s'applique tant aux contrats à loyer libre qu'à ceux à loyer concerté, soulignant la centralité des paramètres établis par les accords territoriaux.
L'ordonnance de la Cour de cassation a un impact significatif pour les bailleurs et les locataires, introduisant une plus grande clarté et, en même temps, définissant des responsabilités et des protections précises.
L'ordonnance n° 15891 de 2025 de la Cour de cassation représente une pièce importante dans la mosaïque de la jurisprudence en matière de locations d'habitation. Elle consolide le principe de la "reconduction à la conformité" du loyer pour les contrats écrits mais non enregistrés, en étendant son application également aux situations antérieures et en fixant une limite claire à l'autonomie contractuelle en cas d'inexécution formelle. La décision réaffirme la volonté du législateur et de la jurisprudence de garantir une plus grande transparence et protection, en particulier pour les locataires, en décourageant les pratiques d'évasion et en promouvant la régularité des rapports locatifs. Pour les bailleurs et les locataires, comprendre pleinement ces dynamiques est essentiel pour gérer au mieux leurs droits et devoirs, rendant souvent indispensable le soutien d'un professionnel du droit.