Notifications transfrontalières : la Cour de cassation confirme l'efficacité de la lettre recommandée dans l'ordonnance n° 17123/2025

Dans le paysage juridique contemporain, caractérisé par une mobilité croissante des personnes et des biens, la notification des actes judiciaires à des personnes résidant dans d'autres États membres de l'Union européenne représente un défi complexe. La bonne exécution de ces notifications est fondamentale pour garantir le droit de la défense des parties et la validité de la procédure. Dans ce contexte, l'ordonnance de la Cour de cassation n° 17123 du 25 juin 2025 (relative à un recours entre P. F. et G. B. contre un arrêt de la Cour d'appel de Florence du 6 février 2023) offre un éclaircissement essentiel, réaffirmant l'aptitude de la lettre recommandée avec accusé de réception comme instrument de notification transfrontalière.

La complexité des notifications en matière internationale

Lorsqu'un citoyen ou une entreprise doit notifier un acte judiciaire à une personne qui ne réside, ni ne demeure, ni n'est domiciliée en Italie, mais dans un autre État membre de l'UE, plusieurs questions pratiques et juridiques se posent. Les différences normatives entre les différents pays pourraient en effet entraver le bon déroulement du procès, retarder la procédure judiciaire ou, pire encore, compromettre le droit à la défense du destinataire. Pour surmonter ces difficultés, l'Union européenne a adopté des instruments normatifs visant à simplifier et à harmoniser les procédures, tout en garantissant la sécurité juridique.

Le règlement (CE) n° 1393/2007 et l'interprétation de la Cour de justice de l'UE

Le cœur de la décision de la Cassation réside dans l'application de l'article 14 du règlement (CE) n° 1393 de 2007, relatif à la notification et à la communication des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile et commerciale entre les États membres. Ce règlement vise à garantir la rapidité et la sécurité de la transmission des actes, en offrant différentes modalités de notification. La Cour de justice de l'Union européenne, par son arrêt du 2 mars 2017, a fourni une interprétation faisant autorité de cet article, clarifiant sans équivoque l'efficacité de la lettre recommandée avec accusé de réception. La Cassation, par l'ordonnance n° 17123/2025, s'aligne parfaitement sur cette interprétation.

L'art. 14 du règlement (CE) n° 1393 de 2007, tel qu'interprété par la Cour de justice de l'UE dans l'arrêt du 2 mars 2017, prévoit que la lettre recommandée avec accusé de réception est une formalité, alternative aux voies ordinaires, idoine à la notification d'un acte judiciaire à une personne résidant dans un autre État membre de l'Union européenne, qui garantit à l'expéditeur l'efficacité et la rapidité de transmission des actes procéduraux et au destinataire une protection adéquate de ses droits de la défense.

Cette maxime est d'une importance fondamentale. Elle énonce que la simple expédition d'une lettre recommandée avec accusé de réception n'est pas seulement une pratique, mais une véritable

Cabinet d'Avocats Bianucci