La gestion des finances familiales suite à une séparation ou un divorce est un sujet délicat, qui touche de nombreux aspects de la vie quotidienne, y compris les aspects fiscaux. L'une des questions les plus fréquentes qui émergent concerne la répartition des déductions fiscales pour les enfants, surtout lorsqu'ils atteignent l'âge de la majorité. La Cour de Cassation, par sa récente Ordonnance n° 15224 du 7 juin 2025, a apporté une clarification fondamentale qui simplifie la vie de nombreux parents, en établissant un principe de continuité qui mérite d'être approfondi.
Les déductions fiscales pour les enfants à charge représentent un avantage important pour les familles, visant à atténuer le fardeau économique découlant du maintien de la progéniture. L'article 12, alinéa 1, du D.P.R. n° 917 de 1986 (Texte Unique des Impôts sur les Revenus – TUIR) est la norme de référence qui régit ces allégements. Traditionnellement, en cas de parents légalement séparés ou divorcés, la répartition de ces déductions fait l'objet d'accords spécifiques ou de décisions judiciaires, souvent liées à la garde des enfants et à la contribution à leur entretien.
La question qui a animé le débat juridique et qui est parvenue à l'attention de la Cour Suprême concernait le sort de ces déductions une fois que l'enfant atteint l'âge de la majorité. Beaucoup se demandaient si, avec le passage à la majorité, un nouvel accord entre les parents ou une nouvelle décision du juge était nécessaire pour maintenir la répartition précédemment établie. La nécessité d'un nouvel accord aurait pu générer des litiges et des incertitudes supplémentaires dans un moment déjà délicat pour la famille.
L'Ordonnance n° 15224/2025 de la Cour de Cassation, dont le rapporteur et rédacteur était le Dr P. Di Marzio, a offert une réponse claire et rassurante. Dans le cas spécifique qui a opposé L. D. G. A. et A., la Cour a cassé la décision de la Commission Tributaire Régionale, Section Dépourvue de Latina, du 25 juin 2019, en établissant un principe de droit d'une grande importance.
La déduction fiscale pour les enfants à charge, prévue par l'art. 12, alinéa 1, du d.P.R. n° 917 de 1986, est reconnue aux parents, légalement séparés ou divorcés, dans la même mesure où elle était répartie pendant la minorité de l'enfant, lorsque ce dernier atteint l'âge de la majorité, sans qu'un accord en ce sens entre les parents ne soit nécessaire.
Cette maxime est d'une importance fondamentale car elle consacre le principe de continuité. En pratique, la répartition des déductions fiscales pour les enfants à charge, précédemment établie pour la période de leur minorité, ne disparaît pas automatiquement à l'atteinte de la majorité. Aucune nouvelle convention ou décision judiciaire entre les parents n'est requise. Le montant de la déduction reste inchangé, à moins que de nouvelles circonstances ou des accords différents entre les parties n'interviennent.
Cette décision de la Cassation a plusieurs implications pratiques positives :
Il est important de se rappeler que la déduction est toujours accordée en relation avec la condition de « fils à charge », ce qui implique que l'enfant, même majeur, ne doit pas dépasser certains seuils de revenus annuels pour être considéré fiscalement à charge. L'Ordonnance se concentre sur la répartition entre les parents, et non sur la condition de charge en soi, qui reste un prérequis fondamental de l'art. 12 TUIR.
L'Ordonnance n° 15224 de 2025 de la Cour de Cassation représente un pas significatif vers la simplification et la clarté dans un domaine, celui du droit de la famille et du droit fiscal, qui présente souvent des complexités. La décision réaffirme l'importance de considérer la situation familiale dans son ensemble, en garantissant que les allégements fiscaux ne soient pas interrompus arbitrairement au changement d'un seul facteur, comme l'atteinte de la majorité par l'enfant.
Cet orientement de la Cour Suprême consolide la jurisprudence en la matière (voir également la précédente N° 34344 de 2019 Rv. 656463-01, citée dans l'Ordonnance) et fournit un phare pour les contribuables et les professionnels du droit, confirmant que la stabilité des conditions économiques et fiscales, une fois définies en instance de séparation ou de divorce, tend à persister, sauf changements spécifiques et motivés. C'est un principe de bon sens et d'efficacité qui protège à la fois les parents et les enfants, garantissant la continuité d'un soutien essentiel.