Déductibilité des Passifs dans l'Impôt sur les Successions : L'Arrêt 16432/2025 et les Délais de Remboursement

L'impôt sur les successions présente souvent des complexités, notamment lorsque des dettes du défunt (de cuius) n'émergent qu'après l'ouverture de la succession. Le récent arrêt n° 16432 du 18 juin 2025 de la Cour de Justice Fiscale de IIème Instance de l'Émilie-Romagne (Rv. 675140-01) apporte des éclaircissements cruciaux sur la déductibilité de ces passifs. Cette décision, qui a opposé l'Avocat Général de l'État (A.) et M. C., revêt une grande importance pratique pour les héritiers et les professionnels.

Le Contexte : Dettes Héréditaires et Fisc

Le Décret Législatif n° 346 de 1990 permet de déduire les passifs de la succession (art. 20), réduisant ainsi l'assiette imposable. Cependant, la déductibilité des dettes non connues ou établies seulement après la déclaration de succession a toujours généré des incertitudes. L'arrêt 16432/2025 intervient sur cet équilibre délicat, offrant des directives claires aux héritiers.

La Maxime de l'Arrêt 16432/2025 : Un Principe Clarificateur

La Cour, par sa décision n° 16432/2025, établit un principe fondamental pour la protection des héritiers. La maxime de l'arrêt stipule textuellement :

En matière d'impôt sur les successions, la déductibilité du passif non déclaré, dont le fait générateur est antérieur au décès du de cuius, est admise, conformément à la combinaison des articles 20, paragraphes 1 et 2, et 23, paragraphe 4, du d.lgs. n° 346 de 1990, même si sa constatation et sa quantification interviennent par une décision définitive postérieure au décès, à condition que l'intéressé en démontre l'existence, selon les modalités prévues par le même article 23, dans les six mois suivant la date de cette décision définitive ; le délai pour la présentation de la demande de remboursement de l'impôt, payé sans tenir compte du passif, court, conformément à l'article 42, paragraphe 2, du d.lgs. 346 de 1990, à compter de la date de la décision définitive.

Cette décision est cruciale : elle clarifie qu'une dette du défunt peut être déduite, même si elle est constatée post-mortem, à condition que le "fait générateur" soit antérieur au décès. L'héritier doit en prouver l'existence, conformément à l'article 23 du D.Lgs. 346/1990, dans les six mois suivant la date à laquelle la décision qui la constate devient définitive. Le délai pour le remboursement de l'impôt, payé sans tenir compte du passif, court à partir de la date à laquelle cette décision devient définitive, et non du moment du paiement.

Conditions et Délais pour les Héritiers

L'arrêt n° 16432/2025 énonce les conditions essentielles pour bénéficier de cette possibilité :

  • La dette doit être née avant le décès du de cuius.
  • La constatation de la dette peut intervenir également par une décision définitive postérieure à l'ouverture de la succession.
  • L'héritier a la charge de prouver l'existence du passif, selon les modalités prévues par l'article 23 du D.Lgs. 346/1990.
  • La preuve doit être apportée dans les six mois suivant la date à laquelle la décision constatant la dette devient définitive.
  • Le délai pour la demande de remboursement de l'impôt court à partir de la date à laquelle cette décision devient définitive.

Conclusions et L'Importance de l'Assistance Juridique

L'arrêt 16432 de 2025 protège les héritiers, permettant la déduction de passifs réels même s'ils sont constatés tardivement. Il est cependant fondamental de respecter scrupuleusement les délais et les modalités procédurales prévues. Compte tenu de la complexité de la matière, l'assistance de professionnels experts en droit fiscal et successoral est indispensable pour gérer correctement ces situations et pour protéger au mieux ses droits.

Cabinet d'Avocats Bianucci