Contrebande et Turquie : La Cour de Cassation (Arrêt 25823/2025) Clarifie l'Absence d'Infraction dans l'Union Douanière

Le commerce international, en particulier celui qui traverse les frontières de l'Union Européenne, est un domaine complexe, régi par un réseau dense de normes douanières et fiscales. Récemment, la Cour de Cassation Pénale, par l'arrêt n° 25823 du 21 mars 2025 (déposé le 14 juillet 2025), a émis une clarification importante qui impacte directement les échanges avec la Turquie, un partenaire commercial stratégique de l'UE. Cette décision, dont le Président était le Dr G. Andreazza et le Rapporteur le Dr A. Aceto, annule sans renvoi la décision du Tribunal de la Liberté de Campobasso, offrant une perspective fondamentale sur la qualification des infractions de contrebande et d'évasion de la TVA à l'importation en relation avec des biens provenant de ce pays.

La décision est d'une importance particulière pour toutes les entreprises et les professionnels opérant dans le secteur de l'import-export, délimitant les frontières entre la circulation légitime des marchandises et les conduites illicites.

Le Cas à l'Examen : Biens en Provenance de Turquie et Accusations de Contrebande

Le cas portait sur l'introduction dans le territoire de l'Union Européenne de biens provenant de Turquie. L'accusé, A. R. Presutti, s'était vu contester les infractions de soustraction aux droits de frontière, au sens de l'art. 292 du d.P.R. 23 janvier 1973, n° 43 (Texte Unique des Lois Douanières), et d'évasion de la TVA à l'importation, prévu par l'art. 70 du d.P.R. 26 octobre 1972, n° 633 (Décret TVA). Ces articles sanctionnent respectivement la contrebande et le non-paiement de la taxe sur la valeur ajoutée due lors de l'importation de marchandises extra-UE.

La question centrale était de déterminer si les biens introduits de Turquie, bien qu'ayant été régulièrement mis en libre pratique dans le pays d'origine et accompagnés d'un certificat de circulation, pouvaient encore être soumis à des droits de douane et à la TVA à l'importation une fois arrivés en Italie et, par conséquent, si leur non-déclaration et le non-paiement des impôts y afférents constituaient une infraction.

La Maxime de la Cour de Cassation et le Rôle de l'Union Douanière UE-Turquie

La Cour Suprême, analysant le cadre normatif et les accords internationaux, a fourni une réponse claire et sans équivoque, culminant dans la maxime suivante :

N'intègre pas le délit de soustraction aux droits de frontière, visé à l'art. 292 d.P.R. 23 janvier 1973, n° 43, ni celui d'évasion de TVA à l'importation, prévu par l'art. 70 d.P.R. 26 octobre 1972, n° 633, l'introduction dans le territoire de l'Union Européenne d'un bien régulièrement mis en libre pratique en Turquie et accompagné du certificat de circulation y afférent, la Turquie étant partie intégrante de l'Union douanière en vertu de l'accord d'"Ankara", de sorte que ce bien acquiert la position de marchandise communautaire, en libre circulation sur l'ensemble du marché intérieur, n'étant plus soumis à des droits supplémentaires, ni à la taxe sur la valeur ajoutée à l'importation.

Cette maxime est d'une importance fondamentale. La Cour de Cassation a souligné que la Turquie est partie intégrante de l'Union Douanière avec l'Union Européenne, établie en vertu de l'Accord d'Ankara de 1963 et perfectionnée par la Décision n° 1/95 du Conseil d'Association CE-Turquie. Cela signifie que les biens qui ont été légalement

Cabinet d'Avocats Bianucci