Le phénomène de l'exploitation du travail, également connu sous le nom de "caporalato", représente une grave violation des droits de l'homme et de la dignité des travailleurs. La Cour de cassation, par son arrêt n° 28199 du 02/07/2025 (déposé le 01/08/2025), a apporté une clarification importante à la notion d'"activité organisée" dans le cadre du délit d'intermédiation illicite et d'exploitation du travail (art. 603-bis du Code pénal), dans sa formulation antérieure à la réforme de 2016. Une décision essentielle pour comprendre les contours de ce grave délit.
L'article 603-bis du Code pénal a été introduit pour lutter contre le "caporalato", un système où des intermédiaires recrutent de la main-d'œuvre, souvent vulnérable, pour la soumettre à des conditions de travail dégradantes. La norme, dans sa version antérieure à la loi n° 199 de 2016, punissait celui qui, profitant de l'état de besoin des travailleurs, les employait dans des conditions d'exploitation. L'arrêt se concentre précisément sur le mode d'exécution de l'"activité organisée" d'intermédiation, élément crucial pour la qualification du délit.
La Cour suprême a précisé que la notion d'"activité organisée" ne requiert pas une forme associative complexe, mais se manifeste par des caractéristiques spécifiques. La maxime de l'arrêt est éclairante :
Le délit d'intermédiation illicite et d'exploitation du travail visé à l'art. 603-bis, Code pénal, dans le texte antérieur à la modification apportée par l'art. 1 de la loi du 29 octobre 2016, n° 199, postule, comme mode d'exécution de la conduite, "l'activité organisée" d'intermédiation, qui ne nécessite pas de forme associative, mais doit se dérouler de manière non occasionnelle, à travers une structuration impliquant l'emploi de moyens. (Cas dans lequel la Cour a jugé la décision attaquée exempte de critiques, en soulignant le rôle fondamental du sujet agent qui, contrairement aux ouvriers agricoles recrutés, vivait des seuls revenus de l'intermédiation, était actif dans la recherche de personnes en état de détresse objective, en tant qu'étrangers, ignorants de la langue italienne et à la recherche d'un logement et d'un emploi).
Comme l'indique la Cour, l'activité doit être "non occasionnelle" et impliquer "l'emploi de moyens". Cela exclut les épisodes isolés et ponctuels, exigeant au contraire une conduite systématique et l'utilisation de ressources pour l'exploitation. Dans le cas examiné, la Cour a confirmé la condamnation de T. M., qui tirait ses revenus de profits illicites et recherchait activement des personnes en situation de détresse (étrangers, ignorants de la langue, à la recherche d'un logement et d'un emploi). Cela met en évidence la vulnérabilité des victimes comme facteur déterminant. Les éléments typiques de cette activité peuvent inclure :
L'absence de structure formelle n'empêche pas la qualification du délit, pourvu qu'il y ait intentionnalité et continuité dans l'action d'exploitation.
Cet arrêt est crucial pour les professionnels du droit, offrant un guide clair dans la répression de l'exploitation. La distinction entre intermédiation isolée et activité organisée permet une sanction pénale plus adéquate. La Cour de cassation réaffirme l'importance de considérer la condition de vulnérabilité des victimes, en particulier les migrants, conformément aux directives européennes. La jurisprudence italienne est de plus en plus attentive à la protection des personnes les plus faibles.
L'arrêt n° 28199/2025 de la Cour de cassation enrichit le cadre interprétatif de l'article 603-bis du Code pénal dans la lutte contre l'exploitation du travail. En clarifiant la notion d'"activité organisée", la Cour suprême fournit des outils plus efficaces pour identifier et poursuivre ceux qui spéculent sur le désespoir d'autrui. Notre Cabinet d'avocats s'engage à soutenir les victimes de tels délits et à défendre les droits fondamentaux des travailleurs.