Le système pénal italien est appelé à concilier la fonction punitive avec la fonction rééducative de la peine. Un sujet d'une complexité particulière concerne l'application des peines substitutives pour les prévenus souffrant de déficience mentale partielle, surtout lorsqu'une dangerosité sociale est constatée. Sur ce point délicat, la Cour de Cassation, par l'arrêt n° 27803, déposé le 29 juillet 2025, a fourni une interprétation cruciale, destinée à influencer les décisions futures.
L'affaire trouve son origine dans la décision de la Cour d'Appel de Cagliari du 24 septembre 2024, impliquant le prévenu A. P.M. L. M. F. La Cour Suprême, présidée par le Dr E. Aprile et dont le rapporteur était le Dr P. Di Geronimo, est intervenue en annulant partiellement avec renvoi l'arrêt d'appel. Le cœur de la question était la compatibilité entre l'application de peines substitutives aux courtes peines de détention et l'état d'un prévenu souffrant de déficience mentale partielle, pour lequel une dangerosité sociale avait été constatée. La Cour de Cassation a examiné si cette dangerosité devait automatiquement exclure l'accès à des mesures alternatives à la détention, parvenant à une conclusion innovante.
En matière de peines substitutives aux courtes peines de détention, la dangerosité sociale constatée du prévenu souffrant de déficience mentale partielle ne constitue pas une cause d'obstacle à la substitution, car la peine substitutive pourrait s'avérer, par le biais de programmes de traitement de nature thérapeutique, plus adéquate que la peine de détention aux besoins de soins du condamné, dans un équilibre raisonnable avec la nécessité de neutraliser sa dangerosité sociale.
Cette maxime de l'arrêt n° 27803/2025 clarifie un principe fondamental : la dangerosité sociale d'un individu atteint de déficience mentale partielle n'est pas un obstacle insurmontable à l'application de peines substitutives. La Cour souligne qu'en certaines circonstances, une peine alternative à la détention, si elle est opportunément intégrée à des programmes de traitement thérapeutique, peut se révéler plus efficace et appropriée. L'objectif est double : satisfaire les besoins de soins du condamné et, en même temps, gérer et contenir sa dangerosité sociale par un parcours de réinsertion active, plutôt que par la seule réclusion.
La décision de la Cour de Cassation s'inscrit dans le cadre normatif des peines substitutives, renforcé par la Loi 689/1981 (art. 59, alinéa 1, lettre C) et le plus récent Décret Législatif 150/2022 (Réforme Cartabia, art. 71, alinéa 1, lettre G). Ces normes promeuvent la personnalisation de la peine et favorisent les parcours rééducatifs alternatifs à la prison. La "déficience mentale partielle", au sens de l'article 89 du Code Pénal, implique une capacité de comprendre ou de vouloir gravement diminuée. Pour ces individus, l'approche thérapeutique est souvent déterminante. L'arrêt n° 27803/2025 reconnaît qu'un parcours de soins intégré à la peine peut offrir des avantages significatifs :
L'orientation de la Cour de Cassation met en évidence la possibilité d'un équilibre entre les exigences de sécurité de la collectivité et celles de soins et de réhabilitation de l'individu, même en présence de dangerosité sociale.
L'arrêt n° 27803/2025 de la Cour de Cassation représente un pas en avant significatif pour le système pénal italien. En reconnaissant que la dangerosité sociale découlant d'une déficience mentale partielle ne préclut pas a priori l'accès aux peines substitutives, la Cour Suprême réaffirme la valeur de la réhabilitation et du traitement thérapeutique. Cette décision invite les juges à considérer avec attention les opportunités offertes par les programmes de soins, en équilibrant judicieusement la protection de la collectivité avec la réinsertion de l'individu. C'est un avertissement à ne pas abandonner les sujets les plus fragiles à la seule logique de la détention, mais à investir dans des parcours qui puissent réellement contribuer à leur guérison et à une réinsertion plus sûre dans la société.