Dans le panorama du droit civil italien, les associations non reconnues représentent une réalité extrêmement répandue et dynamique. Souvent, cependant, l'absence de personnalité juridique formelle soulève des questions complexes, surtout lorsque l'entité se trouve confrontée à un contentieux judiciaire et, simultanément, traverse une phase de dissolution ou d'extinction. Une décision récente et significative de la Cour de cassation, l'ordonnance n° 27235 du 11 octobre 2025, offre des éclaircissements importants sur ce scénario délicat, en délimitant les contours de la capacité processuelle de l'entité éteinte.
L'affaire portée à l'attention des juges de légitimité trouve son origine dans un contentieux impliquant une association non reconnue et l'administration de l'État, représentée par l'Avocature générale de l'État. Au cours de la procédure d'appel, le défaut de capacité processuelle de l'entité avait été soulevé à la suite de sa dissolution. La Cour de justice fiscale de second degré de Sicile avait rejeté cette exception, décision qui a été confirmée par la suite par la Cour suprême.
La Cour de cassation a rejeté le recours proposé par A. M. M., confirmant que l'extinction d'une association non reconnue au cours d'un procès n'efface pas soudainement sa présence dans la procédure. L'entité continue d'exister en tant que centre d'imputation juridique pour tous les rapports pendants.
Pour comprendre pleinement la portée de cette décision, il est fondamental d'analyser la maxime exprimée par les juges de légitimité :
La dissolution d'une association non reconnue au cours d'un procès n'entraîne pas automatiquement la perte de sa capacité processuelle, celle-ci demeurant en vie en tant que centre d'imputation d'effets juridiques, en relation avec tous les rapports dont elle est titulaire et qui ne sont pas encore épuisés, par l'intermédiaire de la représentation des anciens titulaires des organes représentatifs en fonction à la date de la dissolution, opérant sous le régime de la prorogatio.
Cette maxime clarifie un principe fondamental : la fin de l'activité d'une association n'équivaut pas à sa "mort" juridique et processuelle immédiate. S'il existe des rapports juridiques encore ouverts (comme, précisément, un procès en cours), l'association conserve la capacité d'ester en justice. Mais qui la représente ? La Cour identifie la solution dans le principe de la prorogatio des organes sociaux. Les sujets qui occupaient des fonctions de représentation au moment de la dissolution continuent d'exercer leurs fonctions, limitées à la gestion et à la définition des rapports pendants.
La décision de la Cour suprême s'inscrit dans la lignée des orientations jurisprudentielles précédentes (telles que l'arrêt n° 30606 de 2018) et garantit la stabilité des rapports juridiques. Les conséquences pratiques de cette orientation sont multiples et d'une grande importance :
L'ordonnance n° 27235 de 2025 de la Cour de cassation réaffirme un principe de civilisation juridique et d'efficacité processuelle. En évitant que la dissolution de fait d'une association non reconnue ne se traduise par un vide de protection ou par une échappatoire facile pour se soustraire à ses responsabilités, la Cour suprême assure que la justice puisse suivre son cours, en identifiant clairement dans les anciens administrateurs les sujets légitimés à piloter l'entité jusqu'à la clôture définitive de tout litige.