Le paysage juridique italien est constamment appelé à se confronter à des phénomènes criminels complexes et interconnectés, parmi lesquels se distinguent ceux liés à l'immigration irrégulière et à l'exploitation de la prostitution. Dans ce contexte, la récente décision de la Cour de cassation, Arrêt n° 30886 du 09/07/2025 (déposé le 15/09/2025), revêt une importance cruciale. La Cour suprême, présidée par le Dr V. S. et dont le rapporteur est le Dr P. M., a abordé la délicate question de la configuration du concours de délits entre la favorisation de l'immigration clandestine visant la prostitution et l'exploitation de la prostitution, fournissant une interprétation claire et déterminante pour les opérateurs du droit et pour la protection des victimes.
L'affaire judiciaire, qui a culminé avec le rejet du pourvoi contre la décision de la Cour d'assises d'appel de Pérouse du 29/05/2024, portait sur la possibilité de considérer les deux délits comme distincts et concourants (concours matériel) ou si l'un devait "absorber" l'autre, configurant ainsi une seule et même infraction. Il s'agit d'une distinction fondamentale qui influe directement sur la gravité des peines et sur l'application correcte du droit pénal. Les délits en question sont la favorisation de l'immigration clandestine d'une personne étrangère visant à la destiner à la prostitution, sanctionnée par l'art. 12, alinéa 3-ter, du D.Lgs. 25 juillet 1998, n° 286 (Texte Unique sur l'Immigration), et l'exploitation de la prostitution, prévue par l'art. 3, alinéa 1, n° 8), de la Loi 20 février 1958, n° 75 (Loi Merlin).
Il est possible de configurer un concours matériel, et non une absorption, entre le délit de favorisation de l'immigration clandestine d'une personne étrangère visant à la destiner à la prostitution, sanctionné par l'art. 12, alinéa 3-ter, du d.lgs. 25 juillet 1998, n° 286, et celui d'exploitation de la prostitution, sanctionné par l'art. 3, alinéa 1, n° 8), de la loi 20 février 1958, n° 75, étant donné la diversité de l'élément matériel, l'autonomie des conduites respectives et la diversité du bien juridique protégé.
La maxime de la Cour de cassation est péremptoire et claire : les deux délits coexistent. Cela signifie que celui qui commet les deux actions sera puni pour les deux délits, et non seulement pour le plus grave ou pour une infraction unique. L'absorption se produit lorsqu'un délit est complètement compris dans un autre, ou lorsque la commission d'un délit est un moyen nécessaire ou une conséquence naturelle d'un autre. Dans ce cas, la Cour exclut cette éventualité, soulignant la nette distinction entre les conduites et les intérêts juridiques protégés.
La Cour de cassation, en confirmant la configuration du concours matériel, a fondé sa décision sur trois piliers fondamentaux, mis en évidence dans la maxime :
Cette interprétation s'aligne sur l'orientation jurisprudentielle qui, comme il ressort des références normatives et des maximes précédentes (par exemple, N° 41404 de 2011 et la décision des Sections Unies N° 20664 de 2017), tend à valoriser la pluralité d'offenses et la pluralité de délits qui en découle, surtout dans des contextes de criminalité organisée qui touchent des biens juridiques complexes et fondamentaux.
La décision de la Cour de cassation n'est pas isolée, mais s'inscrit dans un parcours jurisprudentiel qui a également vu des positions divergentes par le passé (comme la N° 35716 de 2011), mais qui semble désormais consolidé dans le sens du concours matériel. Cette orientation renforce l'efficacité de la réponse pénale contre ceux qui exploitent la vulnérabilité des personnes, souvent des femmes et des mineurs, à des fins lucratives. La configuration du concours de délits permet d'appliquer des sanctions plus sévères, reflétant la gravité accrue des conduites qui portent atteinte à des biens juridiques distincts et de première importance. L'arrêt de la Cour de cassation fournit ainsi une certitude interprétative supplémentaire, essentielle pour la magistrature et les forces de l'ordre dans l'application des normes.
L'Arrêt n° 30886 de 2025 de la Cour de cassation représente un point d'ancrage dans la lutte contre la favorisation de l'immigration clandestine visant la prostitution et l'exploitation sexuelle. En réaffirmant le concours matériel entre ces infractions, la Cour suprême souligne l'autonomie et la gravité de chaque conduite, garantissant une protection plus solide pour les victimes et une plus grande efficacité dans la répression des crimes qui portent atteinte à la dignité humaine et à la sécurité publique. Cette orientation est fondamentale pour assurer que la justice réponde de manière adéquate à la complexité et à la brutalité de tels phénomènes criminels.