La Cour de Cassation, par l'Ordonnance n° 15943 du 14 juin 2025, a apporté des éclaircissements importants sur les procédures d'établissement de l'impôt. La décision, qui a opposé F. et l'Avvocatura Generale dello Stato, se concentre sur l'admissibilité de l'avis d'imposition émis suite à un contrôle dit "sur pièces" de la déclaration de revenus, réaffirmant un principe cardinal de protection du contribuable.
Le contrôle sur pièces, régi par l'art. 36-bis du D.P.R. n° 600/1973, est une vérification automatisée des déclarations fiscales. L'administration financière détecte des erreurs ou des incohérences en recoupant les données. Traditionnellement, cela pouvait aboutir à une "cartella di pagamento" (avis de paiement). La question était de savoir s'il était légitime d'émettre, en alternative, un avis d'imposition, un acte de nature et de conséquences juridiques différentes.
Avec l'Ordonnance n° 15943/2025, la Cassation a déclaré admissible l'émission d'un avis d'imposition même après un contrôle sur pièces, surmontant les objections. Cette décision s'aligne sur un courant jurisprudentiel consolidé (par exemple, l'arrêt N° 28873 de 2018). Le point central réside dans la motivation, qui met en évidence un renforcement du droit de la défense du contribuable.
La maxime de l'Ordonnance est éclairante :
L'administration financière, suite à un contrôle dit "sur pièces" de la déclaration, peut émettre, en lieu et place de la "cartella di pagamento", un avis d'imposition à l'encontre du contribuable, lequel n'a pas de raison de se plaindre, son droit de la défense étant davantage garanti.
Cette déclaration clarifie que l'avis d'imposition offre au contribuable de plus grandes garanties par rapport à la "cartella di pagamento". Cette dernière a une nature exécutoire immédiate et réduit les opportunités de contradictoire. L'avis, en revanche, permet un recours plus structuré, avec des délais plus longs pour la préparation des défenses et la présentation de documents. Il s'agit d'une protection essentielle, ancrée dans les principes constitutionnels et les normes européennes sur le procès équitable.
Le choix de l'avis d'imposition se traduit par des bénéfices procéduraux concrets :
Cette flexibilité renforce les protections du citoyen, en ligne avec le D.P.R. n° 600/1973 et l'orientation de la Cour Constitutionnelle.
L'Ordonnance n° 15943 de 2025 de la Cassation réaffirme un principe de garantie fondamental : l'émission d'un avis d'imposition, même pour des contrôles "simples", élève le niveau de protection du droit de la défense du contribuable. Cette orientation est un signal positif pour le système fiscal italien, promouvant la transparence et la protection des droits. Pour toute question relative aux avis d'imposition ou aux "cartelle di pagamento", il est toujours conseillé de consulter des professionnels experts en droit fiscal.