Dans le paysage dynamique du droit pénal italien, les décisions de la Cour de Cassation jouent un rôle fondamental, orientant l'interprétation et l'application des normes. Une décision importante, l'Ordonnance n° 29406 du 08/07/2025 (déposée le 11/08/2025), présidée par le Dr S. B. et dont le rapporteur et rédacteur est le Dr S. C., a apporté une clarification significative en matière de recours, spécifiquement concernant la décision de non-lieu à procéder. Cette décision offre de nouvelles perspectives pour les prévenus comme M. F. et pour la stratégie de défense, méritant une analyse approfondie.
Avant d'entrer dans le vif de l'Ordonnance, il est essentiel de comprendre ce qu'est une « décision de non-lieu à procéder ». Il s'agit d'une mesure émise par le Juge de l'Audience Préliminaire (GUP) – dans le cas spécifique, le GUP de Nocera Inferiore en date du 10/12/2024 – à l'issue de l'audience préliminaire, lorsque les éléments acquis ne sont pas suffisants pour soutenir l'accusation en jugement. En pratique, le juge estime qu'il n'y a pas de preuves suffisantes pour poursuivre le procès. Pour le prévenu, cette décision représente une victoire importante, mais sa stabilité et les voies pour la contester ou la rendre définitive ont toujours fait l'objet de débats.
Le « recours per saltum » est un mécanisme procédural (réglementé par l'art. 569 du Code de Procédure Pénale) qui permet de contester une décision directement en Cassation, en « sautant » un degré de juridiction intermédiaire, comme la Cour d'Appel. Traditionnellement, cette possibilité est réservée à des cas spécifiques et, surtout, à des vices de légalité, c'est-à-dire des erreurs dans l'application ou l'interprétation de la loi, et non à des questions de fond (évaluation des preuves). L'Ordonnance en question se concentre précisément sur l'extension de cette possibilité à un type particulier de décision.
La Cour de Cassation, par l'Ordonnance n° 29406/2025, a abordé la question de savoir si la décision de non-lieu à procéder prononcée par le GUP était susceptible de recours « per saltum ». La réponse a été affirmative, marquant un tournant. Examinons la maxime qui exprime ce principe :
La décision de non-lieu à procéder prononcée par le juge de l'audience préliminaire aux termes de l'art. 425 du code de procédure pénale est susceptible de recours en Cassation "per saltum", bien que seulement pour faire valoir des vices de légalité, car la disposition de l'art. 569 du code de procédure pénale, en se référant à la "décision de première instance" sans aucune précision supplémentaire, ne limite pas la recevabilité immédiate du recours aux décisions rendues à l'issue du jugement au fond.
Cette maxime est d'une importance fondamentale. La Cour Suprême clarifie que la référence de l'art. 569 c.p.p. à la « décision de première instance » doit être interprétée au sens large. Elle ne se limite pas, c'est-à-dire, aux seules décisions qui concluent un jugement au fond (celles rendues après le débat contradictoire), mais inclut également la décision de non-lieu à procéder rendue par le GUP aux termes de l'art. 425 c.p.p. Cela signifie que, contre une telle décision, il est possible de former un recours direct en Cassation, à condition de faire valoir exclusivement des vices de légalité. Cette interprétation extensive diverge des orientations précédentes (comme celles rappelées dans les « Maximes précédentes Divergentes » n° 18305 de 2019 et n° 5452 de 2023), consolidant un nouveau parcours jurisprudentiel.
La décision de la Cassation ouvre de nouvelles perspectives et exige une recalibration des stratégies procédurales, tant pour la défense que pour l'accusation (représentée dans le cas par le P.M. G. S.). Voici quelques implications clés :
L'Ordonnance n° 29406 de 2025 de la Cour de Cassation représente une pièce importante dans la mosaïque du droit procédural pénal. En reconnaissant la recevabilité du recours « per saltum » contre la décision de non-lieu à procéder, la Cour Suprême a fourni un instrument potentiellement plus rapide et plus efficace pour le contrôle de légalité de ces mesures. Cette décision souligne l'importance d'une défense attentive et compétente, capable de saisir chaque nuance jurisprudentielle pour mieux protéger les intérêts de l'assisté, en garantissant que les principes de droit soient appliqués correctement à chaque étape du procès.