Dans le cadre complexe du contentieux fiscal italien, la relation entre le contribuable et l'administration financière est régie par des délais stricts et des principes procéduraux précis. L'une des questions les plus débattues concerne la possibilité de contester une mise en demeure de payer en soulevant des exceptions qui auraient dû être invoquées contre les actes précédents, devenus définitifs. La Cour de cassation est intervenue sur ce sujet délicat avec l'ordonnance n° 28862 du 31 octobre 2025, offrant une clarification fondamentale pour les professionnels et les contribuables.
Le litige opposait l'Avocature générale de l'État au contribuable S. La Commission fiscale régionale de Catanzaro avait précédemment donné raison au contribuable, mais la Cour suprême a infirmé cette décision en accueillant le recours de l'Administration. Le cœur de la décision réside dans la définition juridique de la mise en demeure de payer : elle ne constitue pas un acte d'imposition nouveau et autonome, mais un acte purement exécutif et consécutif.
La mise en demeure de payer qui fait suite à un acte d'imposition devenu définitif ne constitue pas un acte d'imposition nouveau et autonome, avec pour conséquence qu'elle n'est contestable en justice que pour ses vices propres et non pour des questions relatives à l'acte dont est issue la dette ; il est donc interdit au contribuable d'invoquer, lors de l'impugnation de la mise en demeure de payer ultérieure, la prescription de la créance, même si celle-ci était déjà acquise avant la notification des actes préparatoires non contestés.
Comme souligné dans la maxime ci-dessus, le contribuable ne peut utiliser l'impugnation de la mise en demeure de payer comme un moyen de remédier à l'absence de contestation des actes précédents (les actes dits préparatoires). Si un avis d'imposition ou un titre exécutoire ne sont pas contestés dans les délais légaux, ils deviennent définitifs. Par conséquent, tout vice relatif à ces actes, y compris la prescription de la créance acquise avant leur notification, ne peut plus être invoqué ultérieurement.
La contestabilité de la mise en demeure de payer est donc limitée exclusivement à ses vices propres. Mais quels sont ces vices ? En voici quelques exemples pratiques :
La décision de la Cour de cassation avec l'ordonnance n° 28862/2025 réaffirme le principe de sécurité juridique et de stabilité des relations fiscales. Pour les contribuables, cette décision représente un avertissement sévère : la rapidité de la défense est primordiale. Ignorer un acte d'imposition en espérant pouvoir contester la dette lors de la phase de recouvrement forcé est une stratégie vouée à l'échec. En cas de réception de tout acte fiscal, il est essentiel de s'adresser immédiatement à un professionnel pour évaluer l'opportunité d'un recours en temps utile.