Achat imprudent et recel : la Cour de cassation clarifie les frontières avec l'ordonnance n° 30833/2025

Dans le paysage vaste et complexe du droit pénal italien, la distinction entre des délits apparemment similaires peut engendrer de nombreuses incertitudes. C'est le cas des délits contre le patrimoine, en particulier ceux de recel et d'achat imprudent. Bien que tous deux concernent l'acquisition de biens d'origine illicite, leurs différences, notamment en termes d'élément subjectif et de nature du délit presupposé, sont cruciales pour la correcte application de la loi. La Cour suprême de cassation est intervenue sur ces nuances délicates avec l'ordonnance n° 30833, déposée le 15 septembre 2025, une décision qui offre des clarifications importantes et consolide l'orientation jurisprudentielle.

Recel et Achat imprudent : les différences fondamentales

Pour comprendre pleinement la portée de la décision de la Cour de cassation, il est utile de rappeler les fondements normatifs des deux délits. L'article 648 du Code pénal régit le recel, punissant celui qui, dans le but de profit, achète, reçoit ou dissimule de l'argent ou des choses provenant d'un quelconque délit, ou s'entremet de toute façon pour les faire acheter, recevoir ou dissimuler. L'élément distinctif ici est l'intention spécifique : la pleine conscience de l'origine délictueuse du bien et la volonté d'en tirer profit. Le délit presupposé doit nécessairement être un délit.

D'autre part, l'article 712 du Code pénal, relatif à l'achat imprudent, punit celui qui, sans en avoir préalablement vérifié la légitime provenance, achète ou reçoit des choses qui, par leur qualité ou par la condition de celui qui les offre ou par l'importance du prix, on a lieu de suspecter qu'elles proviennent d'un délit. Ici, l'élément subjectif est la négligence, c'est-à-dire l'imprudence ou la négligence à ne pas avoir vérifié la légitime provenance du bien, tout en ayant eu « motif de suspecter ». Le délit presupposé peut être également une contravention.

La Cour de cassation sur l'ordonnance n° 30833/2025 : une lumière sur la configurabilité

L'ordonnance n° 30833/2025, relative au cas de l'accusé M. G., a abordé précisément le nœud de la configurabilité de l'achat imprudent lorsque le délit presupposé est une contravention, et a clarifié l'interaction entre l'élément objectif et subjectif. La Cour a en effet déclaré irrecevable le recours contre la décision du Tribunal de Naples Nord du 22/02/2018, réaffirmant des principes fondamentaux. La maxime extraite de l'arrêt est éclairante :

La contravention d'achat imprudent est envisageable même dans le cas où le délit presupposé est constitué par une autre contravention non pertinente aux fins de la configurabilité du délit de recel, tel que modifié par l'art. 1, alinéa 1, lettre c), n° 1 du décret législatif 8 novembre 2021, n° 195, pouvant, en outre, dans cette éventualité, l'élément subjectif se matérialiser également par l'intention, car la locution « sans en avoir préalablement vérifié la légitime provenance » n'exclut pas la pertinence de l'état de conscience de l'illégitime provenance de la chose, le syntagme « on a lieu de suspecter » opère sous le profil objectif, afin de circonscrire les hypothèses dans lesquelles le sujet agent, pour éviter d'enfreindre la contravention, est tenu de vérifier la légitime provenance de la chose avant son acceptation et les références jurisprudentielles au dol, en tant qu'élément distinctif par rapport au délit de recel, ont une signification uniquement dans le cas où, sous le profil objectif, les deux types de délits sont configurables.

Ce passage est d'une importance fondamentale pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il confirme que l'achat imprudent peut être envisagé même lorsque la chose provient d'une simple contravention. C'est un point clé qui le distingue nettement du recel, lequel requiert toujours la provenance d'un délit. La mise à jour normative mentionnée (D.Lgs. 195/2021) souligne l'attention du législateur à ces distinctions.

Deuxièmement, la Cour de cassation clarifie que l'élément subjectif de l'achat imprudent peut même se matérialiser par l'intention, et pas seulement par la négligence. Cela semble paradoxal, étant donné la formulation

Cabinet d'Avocats Bianucci