Pension Sociale et Revenus Immobiliers Non Loués : la Clarté de l'Ordonnance 16006/2025

L'accès aux prestations d'assistance, telles que la pension sociale, est souvent subordonné à la possession de certains critères de revenus. Ces limites sont établies par la loi pour garantir que le soutien soit dirigé vers ceux qui en ont réellement besoin. Cependant, la détermination précise des revenus à prendre en compte peut générer des incertitudes et des litiges. C'est dans ce contexte que s'inscrit la récente et significative Ordonnance de la Cour de Cassation n° 16006 du 15 juin 2025, qui offre des éclaircissements fondamentaux sur la pertinence des immeubles non loués aux fins du calcul du revenu pour la pension sociale.

La Cour Suprême, par la décision du Président F. G. et du rapporteur R. R., a abordé un sujet de grande actualité, clarifiant un aspect crucial qui impacte directement la vie de nombreux citoyens.

Le Critère de Revenu pour la Pension Sociale : le Cadre Normatif

La pension sociale, aujourd'hui connue sous le nom d'Allocation Sociale (Assegno Sociale), est une prestation de nature assistancielle versée par l'INPS au profit de citoyens italiens et étrangers résidant en Italie qui se trouvent dans des conditions économiques difficiles et qui ont dépassé un certain âge. La réglementation de référence est complexe et a évolué au fil du temps, trouvant ses racines dans les art. 26 de la Loi n° 153 de 1969, 12 et 19 de la Loi n° 118 de 1971 et, plus récemment, dans l'art. 3, alinéa 6, de la Loi n° 335 de 1995.

Ces dispositions établissent que, pour accéder à la prestation, il est nécessaire de respecter des limites de revenus spécifiques. La question centrale qui émerge souvent est : quelles sont les postes de revenus qui doivent être inclus dans le calcul ? En particulier, le débat a longtemps porté sur la pertinence des revenus provenant d'immeubles à usage d'habitation qui ne sont pas loués, c'est-à-dire qui ne produisent pas de loyer direct.

La Décision de la Cour Suprême : l'Ordonnance n° 16006 de 2025

Le cas examiné par la Cassation opposait I. C. P. et D. C. B., et la Cour d'Appel de Rome avait précédemment exprimé une orientation qui a fait l'objet d'un renvoi par la Cour Suprême. L'Ordonnance n° 16006 de 2025 intervient précisément pour définir avec précision le périmètre du revenu à considérer. La maxime extraite de l'arrêt est extrêmement claire et représente un point fixe :

Aux fins de déterminer la limite de revenu pour l'accès à la pension sociale, conformément aux art. 26 de la loi n° 153 de 1969, 12 et 19 de la loi n° 118 de 1971 et 3, alinéa 6, de la loi n° 335 de 1995, est pertinent le revenu imposable aux fins de l'Irpef, dans le calcul duquel entre également celui dérivant d'immeubles à usage d'habitation non loués, autres que le logement affecté à l'habitation principale, étant donné que seule pour ce dernier s'applique la dérogation établie par l'art. 26 de la loi n° 153 de 1969 et que les sommes versées à titre d'IMU ne sont pas, en général, déductibles de l'IRPEF, conformément à l'art. 10 du d.P.R. n° 917 de 1986.

Cette décision est d'une importance fondamentale. La Cassation clarifie que le revenu à considérer est celui imposable aux fins de l'IRPEF. À l'intérieur de ce calcul, doivent être inclus également les revenus provenant d'immeubles à usage d'habitation qui ne sont pas loués, pourvu qu'il ne s'agisse pas de l'habitation principale du demandeur. La distinction est cruciale : l'habitation principale bénéficie d'une dérogation spécifique, comme prévu par l'art. 26 de la L. n° 153 de 1969, et sa valeur n'a pas d'incidence sur le calcul. Tous les autres immeubles, même s'ils ne sont pas loués et donc ne produisent pas de loyer direct, contribuent à former le revenu aux fins de l'IRPEF et, par conséquent, aux fins de la limite pour la pension sociale.

Un autre aspect souligné par la Cour concerne l'IMU (Imposta Municipale Unica). Les sommes versées à titre d'IMU, en général, ne sont pas déductibles de l'IRPEF, comme établi par l'art. 10 du d.P.R. n° 917 de 1986. Cela signifie que le fait de payer l'IMU sur un immeuble non loué ne permet pas sa « soustraction » du revenu imposable IRPEF, renforçant la thèse de l'inclusion de ces revenus dans le calcul pour la pension sociale. La Cour, avec l'ordonnance n° 16006 de 2025, a donc cassé la décision précédente de la Cour d'Appel de Rome, renvoyant les actes pour un nouvel examen qui tienne compte de ces principes.

Les Implications Pratiques et la Protection du Demandeur

La décision de la Cassation a un impact direct pour tous ceux qui demandent ou perçoivent la pension sociale. Il est essentiel d'être conscient de cette interprétation pour éviter d'éventuelles surprises désagréables ou la révocation de la prestation. Les implications pratiques peuvent être résumées comme suit :

  • **Inclusion des Immeubles Non Loués :** La valeur cadastrale réévaluée des immeubles à usage d'habitation non loués, autres que l'habitation principale, entre dans le calcul du revenu imposable IRPEF pour la détermination de la limite d'accès à la pension sociale.
  • **Non-Déductibilité de l'IMU :** Le paiement de l'IMU sur ces immeubles ne permet pas de déduire cet impôt du revenu imposable IRPEF, maintenant inchangé le revenu à considérer.
  • **Importance de la Déclaration :** Il est fondamental de déclarer correctement tous les revenus, y compris ceux provenant de ces immeubles, pour éviter des contestations de la part de l'INPS.
  • **Conseil Juridique :** En cas de doutes ou de situations complexes, il est toujours conseillé de s'adresser à des professionnels du droit de la prévoyance sociale pour une évaluation précise de sa situation.

Conclusions

L'Ordonnance n° 16006 du 15 juin 2025 de la Cour de Cassation représente un éclaircissement faisant autorité et définitif sur une question de grande importance dans le domaine des prestations d'assistance. La décision réaffirme la centralité du revenu imposable IRPEF et la nécessité d'inclure dans son calcul également les revenus « figuratifs » provenant d'immeubles non loués, avec la seule exception de l'habitation principale. Cette décision offre une plus grande sécurité juridique, mais impose en même temps aux demandeurs une attention scrupuleuse dans la déclaration de leurs biens immobiliers pour s'assurer l'accès aux droits de prévoyance sociale et d'assistance.

Cabinet d'Avocats Bianucci