Le phénomène du travail dissimulé, ou « travail au noir », représente un fléau persistant pour le système économique et social italien, nuisant à la concurrence loyale et privant les travailleurs de protections fondamentales. Pour le combattre, le législateur a introduit des instruments de plus en plus incisifs, dont la soi-disant « maxi-sanction ». Cependant, l'application de ces mesures n'est pas toujours exempte de complexité, notamment en ce qui concerne l'identification de l'entité compétente pour l'application des sanctions. Dans ce contexte, l'intervention de la Cour de cassation est souvent fondamentale pour apporter clarté et sécurité juridique. Un exemple frappant est l'ordonnance n° 17549 du 30 juin 2025, qui se prononce précisément sur une question de compétence.
La maxi-sanction pour travail dissimulé a été introduite en Italie par le décret-loi n° 223 de 2006, converti avec modifications par la loi n° 248 de 2006, et en particulier par l'article 36-bis, paragraphe 7-bis. L'objectif était clair : décourager fortement l'emploi de travailleurs non en règle, en prévoyant des sanctions administratives pécuniaires particulièrement élevées pour les employeurs qui ne respecteraient pas les obligations d'embauche et de communication. Au fil des années, la réglementation a subi quelques modifications, comme celles apportées par la loi n° 183 de 2010, qui ont cherché à affiner le système de sanctions et à le rendre plus efficace.
L'un des nœuds interprétatifs les plus délicats a concerné la compétence pour l'adoption des mesures de sanction. Quel est l'organe légitimé à infliger la maxi-sanction ? La Cour de cassation, avec l'ordonnance n° 17549 du 30 juin 2025, dans le litige entre T. C. et l'Avvocatura Generale dello Stato, a offert une interprétation décisive, cassant avec renvoi une décision antérieure de la Cour d'appel de Brescia du 4 juin 2019. Les juges, présidés par le Dr P. F. et avec pour rapporteur et rédacteur le Dr A. V., ont réaffirmé et clarifié les limites temporelles de la compétence de l'Agence des revenus. Voici la maxime intégrale :
En matière de soi-disant maxi-sanction pour travail dissimulé, en application de l'art. 36-bis, paragraphe 7-bis, du d.l. n° 223 de 2006, dans sa formulation originelle et tel que modifié par la l. n° 183 de 2010, la compétence de l'Agence des revenus pour l'adoption des mesures de sanction administrative en matière de travail au noir reste acquise, jusqu'au 9 novembre 2010, en relation avec les « violations constatées » avant le 12 août 2006, et, à compter du 9 novembre 2010, en relation avec les « violations commises » avant le 12 août 2006.
Cette décision est d'une importance fondamentale car elle délimite avec précision la période pendant laquelle l'Agence des revenus est titulaire de la compétence. La Cour suprême distingue deux périodes clés, influencées par les modifications réglementaires : d'une part, les violations « constatées » avant le 12 août 2006, pour lesquelles la compétence de l'Agence s'étend jusqu'au 9 novembre 2010 ; d'autre part, les violations « commises » avant le 12 août 2006, pour lesquelles la compétence de l'Agence s'applique à partir du 9 novembre 2010. Cette distinction entre « violations constatées » et « violations commises » est cruciale et souvent source d'incertitude. En résumé, la Cour de cassation établit que :
Cette clarification est essentielle pour éviter des litiges liés à des questions procédurales et pour garantir que les sanctions soient infligées par l'organe correctement identifié par la loi.
L'ordonnance n° 17549/2025 de la Cour de cassation offre un phare d'orientation pour les employeurs, les conseillers du travail et les avocats. La correcte identification de l'entité compétente est un préalable indispensable à la validité de la mesure de sanction. Ignorer ces distinctions temporelles pourrait entraîner l'annulation des sanctions pour vices de forme ou de compétence, annulant ainsi l'action de lutte contre le travail au noir. Il est donc impératif que les opérateurs du droit et les entreprises soient conscients de ces limites temporelles et réglementaires précises, en se référant à l'art. 36-bis, paragraphe 7-bis, du D.L. n° 223 de 2006, tant dans sa formulation originelle que tel que modifié par la L. n° 183 de 2010.
Une fois de plus, la Cour de cassation se révèle être la gardienne de la sécurité juridique, résolvant un nœud interprétatif complexe et fournissant un cadre plus clair sur l'application de la maxi-sanction pour travail dissimulé. L'ordonnance n° 17549 de 2025 non seulement renforce l'efficacité de l'action de lutte contre le travail au noir, mais offre également un guide indispensable à tous ceux qui opèrent dans le monde du travail, soulignant l'importance d'une observation scrupuleuse des réglementations en vigueur et des compétences institutionnelles associées. La lutte contre le travail au noir se poursuit, avec pour objectif de protéger les droits des travailleurs et de garantir un marché du travail équitable et transparent.