Travailleurs expatriés et incitations fiscales : la Cour de cassation clarifie avec l'ordonnance n° 15234/2025

Le thème des incitations fiscales pour les travailleurs « expatriés » représente un point d'intérêt majeur pour ceux qui décident de rentrer en Italie après une période à l'étranger. Ces avantages, introduits dans le but d'attirer des cerveaux et des capitaux humains dans notre pays, font souvent l'objet d'interprétations et de clarifications jurisprudentielles. Une intervention récente et significative en la matière est celle de l'ordonnance de la Cour de cassation n° 15234, publiée le 7 juin 2025, qui a offert d'importantes précisions sur les exigences et les modalités d'accès à ces bénéfices, rejetant le recours de l'Avvocatura Generale dello Stato contre une décision antérieure de la Commission Tributaire Régionale d'Aoste.

Le régime fiscal des travailleurs expatriés : une opportunité à saisir

Les incitations fiscales pour les travailleurs expatriés ont été introduites pour la première fois par l'article 3 de la loi n° 238 de 2010, et ont été ultérieurement modifiées et renforcées, notamment par l'article 16 du décret législatif n° 147 de 2015. L'objectif principal de ces normes est de favoriser le retour en Italie de professionnels et de travailleurs qualifiés, en leur offrant un régime fiscal favorable qui prévoit une imposition réduite sur les revenus produits sur le territoire italien. En substance, une partie significative du revenu du travail dépendant ou autonome est exclue de la base imposable IRPEF, rendant l'Italie plus compétitive par rapport à d'autres pays. Ce régime, également connu sous le nom de « régime spécial pour travailleurs expatriés », a été conçu pour encourager non seulement le retour des citoyens italiens, mais aussi l'arrivée de citoyens étrangers hautement qualifiés, contribuant ainsi à la croissance économique et au développement du pays.

La décision de la Cour de cassation : charge de la preuve et modalités d'accès

L'ordonnance n° 15234/2025 de la Cour de cassation, dont le rapporteur et rédacteur est le Dr P. D. Marzio, se concentre sur des aspects cruciaux pour l'application de ces avantages. La Cour a réaffirmé clairement que la charge de prouver la possession de toutes les exigences substantielles requises par la loi incombe entièrement aux travailleurs. Cela signifie qu'il ne suffit pas de déclarer être un travailleur expatrié, mais il est nécessaire de fournir la documentation et les preuves nécessaires pour démontrer avoir résidé à l'étranger pendant la période requise, avoir transféré sa résidence fiscale en Italie et exercer une activité professionnelle sur le territoire national.

Un autre point fondamental clarifié par la Cour suprême concerne les modalités de demande de l'avantage. L'arrêt précise que l'incitation peut être demandée de deux manières principales :

  • En présentant la demande d'application de l'avantage directement à l'employeur ;
  • Ou, en alternative, en présentant une demande de remboursement.

Sur ce dernier aspect, la Cour de cassation a expressément rappelé la Circulaire n° 14/E du 4 mai 2012 de l'Agenzia delle Entrate, qui a précisé que la demande de remboursement peut être valablement proposée également par le biais de la déclaration de revenus. Cela offre une plus grande flexibilité aux travailleurs qui, pour diverses raisons, n'auraient pas pu ou voulu demander l'application directe de l'avantage à leur employeur.

Les incitations fiscales pour les dits travailleurs « expatriés », prévues par l'art. 3 de la loi n° 238 de 2010 et les dispositions d'application y afférentes, sont reconnues aux travailleurs qui prouvent posséder toutes les exigences substantielles requises et qui ont présenté à l'employeur une demande d'application de l'avantage, ou qui ont présenté une demande de remboursement, laquelle, comme clarifié par l'Agenzia delle Entrate avec la circulaire n° 14/E du 4 mai 2012, peut être proposée également par le biais de la déclaration de revenus et indépendamment de l'appartenance à l'Union européenne.

Cette maxime de la Cour de cassation cristallise les principes fondamentaux. Il est essentiel de comprendre que le droit à l'avantage n'est pas automatique, mais dépend de la capacité du travailleur à démontrer qu'il remplit les exigences établies par la loi. De plus, la décision souligne l'ouverture du système fiscal italien, qui permet d'accéder au bénéfice également par le biais de la demande ultérieure de remboursement lors de la déclaration de revenus, fournissant une sorte de « filet de sécurité » pour ceux qui n'ont pas agi rapidement auprès de l'employeur. Enfin, la Cour de cassation confirme l'irrélevance de l'appartenance à l'Union européenne pour l'accès à ces bénéfices, étendant potentiellement le public des bénéficiaires également aux travailleurs provenant de pays hors UE, pourvu qu'ils respectent les autres critères.

Les implications pratiques pour les travailleurs et les entreprises

Les indications fournies par la Cour de cassation avec l'ordonnance n° 15234/2025 sont d'une importance fondamentale pour tous les sujets impliqués. Pour les travailleurs, l'arrêt réaffirme l'importance d'une planification et d'une collecte de documentation correctes dès le moment du retour en Italie. Il est crucial d'être en mesure de démontrer, en cas de contrôles, la possession des exigences légales, comme la période de résidence à l'étranger et la nature de l'activité professionnelle. Pour les employeurs, la décision confirme la possibilité d'appliquer l'avantage directement sur la fiche de paie, mais souligne également que la non-application par l'entreprise n'empêche pas le travailleur d'obtenir le bénéfice par le biais de la déclaration de revenus ou d'une demande de remboursement.

Conclusions

L'ordonnance n° 15234/2025 de la Cour de cassation représente une pièce importante dans le paysage jurisprudentiel relatif aux incitations pour les travailleurs expatriés. Elle renforce la certitude du droit pour les contribuables, en clarifiant à la fois la charge de la preuve et les différentes modalités d'accès au bénéfice. Pour les professionnels du secteur et pour les travailleurs intéressés, il est essentiel de rester informés sur ces décisions et, en cas de doutes, de s'adresser à des experts en droit fiscal pour une application correcte des normes et pour éviter d'éventuels litiges avec l'Agenzia delle Entrate. La clarté apportée par la Cour de cassation est un signal positif pour quiconque entend bénéficier de ces instruments pour son retour ou son transfert en Italie.

Cabinet d'Avocats Bianucci