La Cour de cassation, par son arrêt n° 20614 de 2025, a apporté une précision cruciale sur le délit de simulation d'infirmité, régi par l'article 159 du Code pénal militaire de paix (c.p.m.p.). Cette décision est fondamentale pour comprendre l'élément subjectif – le "dol spécifique" – requis, distinguant une simple élusion du devoir d'une intention frauduleuse ciblée.
L'affaire, qui a vu le pourvoi de l'accusé T. P.M. B. G. R. rejeté et la décision de la Cour militaire d'appel de Rome confirmée, porte sur la nécessité du "dol spécifique". Il ne suffit pas de simuler une maladie ; il est essentiel que cette conduite soit finalisée à un objectif bien précis. Le dol spécifique, en droit pénal, exige que l'agent agisse avec une intention supplémentaire et prédéterminée.
En matière de délits contre le service militaire, le délit prévu par l'art. 159, alinéa premier, deuxième partie, cod. pen. mil. paix, qui punit la simulation d'infirmité fonctionnelle à la soustraction à un service particulier d'un corps, d'une arme ou d'une spécialité, requiert le dol spécifique, de sorte que l'action du coupable doit être intentionnellement dirigée vers le but de la soustraction temporaire à l'obligation du service militaire pour éviter les risques ou les inconvénients liés à l'accomplissement de missions particulières d'arme ou de spécialité de corps, inhérents au "statut" occupé par l'agent au sein de l'organisation militaire.
La Cassation réaffirme que la simulation doit être "fonctionnelle à la soustraction à un service particulier" et l'action du militaire "intentionnellement dirigée" à cette fin. L'objectif est d'éviter "les risques ou les inconvénients liés à l'accomplissement de missions particulières", un principe déjà consolidé, par exemple, par la Section 1, n° 458 de 1993.
Cette interprétation du dol spécifique a de profondes implications. Toute simulation de malaise ne constitue pas un délit. La clé réside dans l'intention spécifique de se soustraire à une tâche définie et potentiellement lourde. Cela impose à l'accusation un fardeau probatoire rigoureux et offre à la défense des outils précis.
L'arrêt n° 20614 de 2025 renforce le rôle central du dol spécifique dans le délit de simulation d'infirmité militaire. La Cour suprême confirme que la conduite criminelle se perfectionne uniquement lorsque la simulation est intentionnellement finalisée à se soustraire à un devoir spécifique, afin d'éviter des désagréments ou des dangers particuliers liés à son rôle. Cette interprétation assure que les sanctions ne soient prononcées qu'en présence d'une mauvaise foi avérée, contribuant à une justice militaire plus précise et proportionnée. Notre Cabinet d'Avocats est à votre disposition pour toute assistance et conseil en droit pénal militaire.