Juridiction sur les Consorzi di Bonifica : Les Sections Unies de la Cassation avec l'Ordonnance n° 17489/2025 définissent les limites

La question de la juridiction compétente pour les organismes publics économiques a fait l'objet d'un important éclaircissement par les Sections Unies de la Cour de Cassation. Avec l'Ordonnance n° 17489 du 29 juin 2025, la vérification des comptes définitifs des directeurs des consorzi di bonifica a été clarifiée, établissant des limites nettes entre la juridiction ordinaire et la juridiction comptable.

Consorzi di Bonifica : Entre Public et Entreprise

Les consorzi di bonifica sont des organismes publics économiques ayant une activité entrepreneuriale. Cette particularité a généré des incertitudes quant à la compétence pour juger leurs directeurs pour la gestion financière. Traditionnellement, la Cour des Comptes s'occupe des dommages causés à l'État, mais sa juridiction s'étend-elle à tout organisme public ? L'arrêt clarifie ce point crucial.

La Décision des Sections Unies : Juge Ordinaire Compétent

L'Ordonnance n° 17489/2025, présidée par P. D'A. et rédigée par G. M. S., a nié la juridiction comptable. La motivation principale est l'absence d'une "gestion" de fonds directement imputable à une administration publique au sens strict. Les S.U. ont réaffirmé la nécessité d'une disposition normative spécifique pour attribuer cette juridiction, conformément à l'article 103 de la Constitution, et ont déclaré non pertinents tant les contrôles administratifs que les règlements internes pour fonder la compétence comptable.

La Maxime de l'Arrêt : Le Principe Fondamental

La maxime de l'arrêt résume le principe cardinal établi par les Sections Unies :

Bien que les consorzi di bonifica aient la nature d'organismes publics économiques, exerçant une activité de type entrepreneurial (non exclue par l'équivalence des contributions consortiles aux impôts de l'État quant au profil de leur imposition et de leur recouvrement), à l'encontre de leurs directeurs, la compétence de la juridiction comptable doit être niée, en matière de vérification des comptes définitifs - une activité de "gestion" de fonds imputables à une administration publique n'étant pas envisageable - et la compétence ordinaire est affirmée, compte tenu de l'absence d'une disposition normative expresse et de l'irrélevance, à la fin indiquée, de la soumission de ces consorzi à un contrôle administratif, étant donné également leur non-assimilabilité aux consorzi entre collectivités locales territoriales. (En affirmant ce principe, les S.U. ont souligné l'irrélevance, afin de fonder la juridiction comptable, de la prévision du règlement interne qui soumet le compte de gestion du consorzio au contrôle de la Cour des Comptes, il s'agissant d'une matière indisponible, étant donné que la répartition de la juridiction entre le juge comptable et le juge ordinaire doit découler d'une discipline légale spécifique, elle-même fondée sur l'art. 103 de la Constitution).

Cette maxime est cruciale. Elle clarifie que les fonds gérés par les directeurs des consorzi ne relèvent pas de la "gestion de fonds publics" qui justifie la Cour des Comptes. La décision souligne que la juridiction comptable requiert une loi spécifique, ne pouvant être étendue par des règlements internes. Cela renforce le principe de légalité et la réserve de loi en matière juridictionnelle, protégeant la sécurité juridique pour tous les acteurs impliqués.

Conclusions : Sécurité Juridique pour le Secteur

L'Ordonnance n° 17489/2025 apporte une sécurité juridique attendue : la responsabilité des directeurs des consorzi di bonifica pour les comptes définitifs incombe au juge ordinaire. Cette décision est une référence incontournable pour les professionnels et les opérateurs, renforçant les principes constitutionnels sur la répartition de la juridiction et garantissant une plus grande clarté dans un secteur complexe comme celui des organismes publics économiques.

Cabinet d'Avocats Bianucci