La gestion d'une copropriété est une tâche complexe, qui exige attention et respect des réglementations en vigueur. L'un des aspects les plus délicats concerne la distinction entre les dépenses que l'administrateur peut engager de manière autonome et celles qui, au contraire, nécessitent l'approbation de l'assemblée des copropriétaires. Cette différence, souvent source de litiges, a été récemment réaffirmée et clarifiée par la Cour de cassation avec l'arrêt n° 15346 du 09/06/2025. Approfondissons le contenu de cette importante décision pour mieux comprendre les limites de l'action de l'administrateur et les droits des copropriétaires.
Le Code civil italien régit les compétences de l'administrateur et de l'assemblée des copropriétaires, notamment dans les articles 1130, 1133 et 1135. Cependant, la pratique quotidienne révèle que la ligne de démarcation entre "actes d'administration ordinaire" et "actes d'administration extraordinaire" n'est pas toujours nette. Les actes d'administration ordinaire sont ceux qui relèvent des fonctions normales de l'administrateur pour la conservation et la jouissance des parties communes, et sont contraignants pour tous les copropriétaires. Les actes d'administration extraordinaire, au contraire, impliquent des décisions de plus grande importance économique ou structurelle et nécessitent, sauf exceptions spécifiques prévues par l'art. 1135, alinéa 2, c.c., une délibération de l'assemblée.
L'arrêt en question offre une contribution précieuse pour résoudre les doutes sur cette distinction. La Cour de cassation, présidée par le Dr M. Falaschi et dont le rapporteur est le Dr A. Scarpa, a cassé avec renvoi une décision de la Cour d'appel de Naples du 18/03/2019, établissant un principe cardinal :
En matière de copropriété d'immeubles, le critère distinctif entre les actes d'administration ordinaire, confiés à l'initiative de l'administrateur dans l'exercice de ses fonctions et contraignants pour tous les copropriétaires conformément à l'art. 1133 c.c., et les actes d'administration extraordinaire, qui au contraire nécessitent une autorisation de l'assemblée pour produire ledit effet, sauf ce qui est prévu par l'art. 1135, alinéa 2, c.c., repose sur la "normalité" de l'acte de gestion par rapport à l'objectif d'utilisation et de jouissance des biens communs, de sorte que les actes impliquant des dépenses qui, bien que visant à une meilleure utilisation des choses communes ou imposées par des événements normatifs, comportent, par leur particularité et leur consistance, une charge économique importante, nécessitent la délibération de l'assemblée des copropriétaires. (En application du principe, la C.C. a cassé la décision de fond qui avait jugé valable la délibération portant sur la "maintenance générale des deux corps de bâtiment" de la copropriété adoptée sans la majorité qualifiée requise par l'art. 1136, alinéa 2, c.c., dans sa formulation antérieure aux modifications introduites par la loi n° 220 de 2012).
Cette maxime est d'une importance fondamentale. La C.C. clarifie que le critère discriminant n'est pas seulement la nature de l'intervention (par exemple, une réparation vs une rénovation), mais sa "normalité" par rapport à l'objectif d'utilisation et de jouissance des biens communs. L'aspect de la "charge économique importante" est également crucial. Cela signifie que même les interventions qui pourraient sembler de routine, si elles entraînent une dépense considérable en raison de leur spécificité ou de leur ampleur, doivent être soumises à l'approbation de l'assemblée. Dans le cas spécifique cité dans l'arrêt, la Cour de cassation a jugé invalide une délibération relative à la "maintenance générale des deux corps de bâtiment" de la copropriété, précisément parce qu'elle avait été adoptée sans la majorité qualifiée prévue par l'art. 1136, alinéa 2, c.c. (dans sa formulation antérieure à la réforme de 2012), soulignant ainsi que des interventions de cette portée ne peuvent être considérées comme de la simple administration ordinaire.
La décision de la Cour de cassation offre des indications claires pour une gestion de copropriété plus transparente et efficace. Voici quelques points clés :
L'arrêt 15346/2025 de la Cour de cassation réaffirme un principe fondamental : la gestion de copropriété ne peut se passer de la volonté des copropriétaires, exprimée par les délibérations de l'assemblée, surtout lorsqu'il s'agit de dépenses qui affectent de manière significative le patrimoine commun. Cette clarification est un phare pour les administrateurs et les copropriétaires, promouvant une culture de transparence et de légalité. Comprendre pleinement la distinction entre administration ordinaire et extraordinaire est essentiel pour prévenir les litiges et assurer une gestion sereine et efficace de son bien immobilier.