La Cour suprême de cassation, par son arrêt n° 23960, déposé le 27 juin 2025, a apporté des éclaircissements importants sur le concordat en appel et la conversion des peines de courte durée privatives de liberté en sanctions substitutives. Cette décision, rédigée par le Dr A. C. et présidée par le Dr G. D. A., est cruciale pour comprendre les conditions précises qui régissent les accords sur la peine dans le processus pénal, notamment à la lumière des innovations de la Réforme Cartabia.
L'article 599-bis, alinéa 1, du Code de procédure pénale régit le concordat en appel, permettant à l'accusé et au Ministère public de s'accorder sur la peine, en renonçant aux motifs d'appel. Instrument de désengorgement procédural, il vise également à offrir des alternatives à la détention. Les peines substitutives (Loi 689/1981, renforcées par la Réforme Cartabia D.Lgs. 150/2022), telles que la détention à domicile ou le travail d'utilité publique, favorisent la réinsertion sociale, en évitant les effets négatifs de la prison.
L'affaire, concernant l'accusé A. F., portait sur l'obligation de la Cour d'appel de prononcer une sanction substitutive, même si elle était convenue, en présence d'un accord non pleinement défini. La Cour de cassation a statué :
En cas de concordat sur la peine avec renonciation aux motifs conformément à l'art. 599-bis, alinéa 1, du Code de procédure pénale, la Cour d'appel n'est pas tenue de prononcer la conversion, même si elle est convenue, de la peine de courte durée privative de liberté avec une sanction substitutive, si l'application de celle-ci n'a pas fait l'objet d'un accord entre les parties dans les termes exacts. (Cas dans lequel la S.C. a estimé que la Cour d'appel avait légitimement refusé de faire droit à la demande convenue de substitution de la peine de courte durée privative de liberté par la détention à domicile, le Ministère public n'ayant pas consenti à l'autorisation de travail, également demandée par le défenseur de l'accusé).
Cette maxime clarifie que l'accord doit être intégral et sans ambiguïté. La Cour d'appel ne se contente pas de ratifier, mais vérifie la complétude et la conformité de l'entente. Dans le cas spécifique, bien qu'il y ait eu accord sur la détention à domicile, le défenseur avait également demandé l'autorisation de travail, sur laquelle le Ministère public (Dr F. P.) n'avait pas consenti. Cette divergence a rendu l'accord non contraignant pour la Cour, qui a légitimement refusé la substitution.
L'arrêt 23960/2025 offre des indications cruciales aux professionnels du droit :
La décision de la Cour de cassation n° 23960/2025 réaffirme l'importance d'un accord méticuleux dans le concordat en appel. La conversion de la peine privative de liberté en sanction substitutive n'est pas automatique, mais le résultat d'une négociation complète et précise, où le consentement du Ministère public couvre chaque détail. Seule une entente claire et globale garantit l'efficacité de l'institution et l'application correcte du droit, évitant les irrecevabilités.