Le droit pénal des affaires est en constante évolution. Le récent arrêt de la Cour de Cassation n° 21865, déposé le 10/06/2025, apporte une contribution fondamentale à la compréhension du délit de fausses communications sociales, notamment en ce qui concerne l'exposition dans les états financiers d'énoncés évaluatifs. Cette décision, qui a vu P. A. comme prévenu, clarifie quand une évaluation comptable peut constituer une infraction pénale, servant de guide aux administrateurs et aux professionnels du droit.
L'article 2621 du Code Civil protège la transparence des informations sociétaires. La rédaction du bilan comprend des énoncés évaluatifs qui nécessitent des critères techniques et réglementaires. La Cour de Cassation définit quand ces évaluations, si elles ne sont pas conformes aux principes établis, peuvent constituer le délit. La maxime est la suivante :
Le délit de fausses communications sociales visé à l'article 2621 du code civil, en relation avec l'exposition dans les états financiers d'énoncés évaluatifs, est constitué lorsque, sur la base d'une évaluation "ex ante" des normes techniques et légales existantes au moment des faits, il est constaté que l'agent a méconnu des critères d'évaluation fixés par la loi ou des critères techniques généralement acceptés, incontestés et indiscutables dès la rédaction du bilan, s'en écartant consciemment, sans fournir d'information justificative adéquate.
La Cour de Cassation établit que le délit n'est pas une simple erreur d'estimation. L'"évaluation ex ante" est cruciale : le jugement sur les principes comptables et légaux au moment de la rédaction. L'agent doit avoir méconnu, consciemment, "des critères d'évaluation fixés par la loi ou des critères techniques généralement acceptés, incontestés et indiscutables" (art. 2426 c.c.), sans "information justificative adéquate". Les exigences pour le délit sont les suivantes :
Cette approche sanctionne les conduites manipulatrices ou les violations graves des principes de transparence, excluant la pénalisation de toute divergence évaluative non intentionnelle.
L'arrêt n° 21865/2025 consolide l'orientation sur les fausses communications sociales. La responsabilité pénale découle d'un écart conscient par rapport à des critères objectifs et incontestés, et non d'une simple erreur, et en l'absence de justification. Il est essentiel pour la transparence d'entreprise et la protection des investisseurs. Les entreprises doivent opérer avec la plus grande diligence et une adhésion scrupuleuse aux principes comptables, avec une documentation exhaustive de chaque choix évaluatif.