Altération de la Plaque d'Immatriculation de Voiture : La Cour de Cassation (Arrêt n° 27599 de 2025) Confirme le Délit de Faux Matériel

Dans le contexte de la circulation routière, la plaque d'immatriculation d'un véhicule n'est pas un simple élément d'identification, mais un véritable "certificat" ou "autorisation administrative" dont l'intégrité est fondamentale pour la sécurité publique et la traçabilité. Son altération, même minime, peut avoir des conséquences bien plus graves qu'une simple infraction administrative. C'est précisément sur cette frontière délicate qu'est intervenue la Cour de Cassation, Chambre Pénale V, avec l'arrêt n° 27599 du 16 juin 2025 (déposé le 28 juillet 2025), qui a rejeté le pourvoi d'un prévenu, confirmant la condamnation prononcée par la Cour d'Appel de Palerme.

La Frontière entre Infraction Administrative et Délit Pénal

L'affaire examinée par la Cour Suprême concernait la conduite d'un individu, A. C., qui avait modifié les données d'identification de la plaque d'immatriculation de sa voiture par l'application de ruban adhésif. Cette pratique, malheureusement peu fréquente, soulève des interrogations quant à sa qualification juridique : s'agit-il d'une simple infraction administrative, sanctionnée par le Code de la Route, ou d'un véritable délit pénal ? La Cassation, par l'arrêt n° 27599/2025, a apporté une réponse claire et sans équivoque, qualifiant cette conduite de délit de faux matériel.

Constitue le délit de faux matériel commis par un particulier dans des certificats ou autorisations administratives, visé par la combinaison des articles 477 et 482 du code pénal, la conduite de celui qui modifie les données d'identification de la plaque d'immatriculation de sa voiture par l'application de ruban adhésif, dès lors qu'une infraction administrative prévue par l'article 100, alinéa 12, du code de la route, qui sanctionne la circulation avec un véhicule muni d'une plaque ne lui appartenant pas ou falsifiée, ne peut être configurée dans le cas où il n'est pas l'auteur de la falsification.

La maxime ci-dessus met en évidence le point crucial de la décision : l'acte de modifier les données de la plaque, même avec des moyens rudimentaires comme le ruban adhésif, n'est pas assimilable à la simple circulation avec une plaque ne lui appartenant pas ou falsifiée dont on n'est pas l'auteur. La distinction est fondamentale : dans le premier cas, le sujet est l'artisan de la falsification du document, dans le second, il est un simple utilisateur. La plaque d'immatriculation, en effet, est considérée comme un document public, une autorisation administrative, et son altération porte atteinte à la foi publique, c'est-à-dire à la confiance que la collectivité accorde à l'authenticité et à la véracité de ces signes distinctifs.

La Pertinence du Faux Matériel : Articles 477 et 482 c.p.

La Cassation a rattaché la conduite de A. C. à la combinaison des articles 477 et 482 du Code Pénal. Examinons en détail ce que prévoient ces normes :

  • Article 477 c.p. (Faux matériel commis par un fonctionnaire public dans des certificats ou autorisations administratives) : Cette norme sanctionne le fonctionnaire public qui, dans l'exercice de ses fonctions, établit en tout ou en partie un certificat ou une autorisation administrative faux, ou altère un certificat ou une autorisation administrative vrai.
  • Article 482 c.p. (Faux matériel commis par un particulier) : Cet article étend la punissabilité prévue par l'article 477 c.p. également au particulier qui commet de tels faits. Cela signifie que si un particulier altère un certificat ou une autorisation administrative, il répond du même délit comme s'il était un fonctionnaire public, avec des peines pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement.

La plaque d'immatriculation d'un véhicule entre pleinement dans la catégorie des

Cabinet d'Avocats Bianucci