Le droit de la procédure pénale italien équilibre constamment l'exigence d'efficacité de la justice avec la protection des droits fondamentaux de l'individu, au premier rang desquels le droit de la défense. Les mesures cautélaires personnelles, décisions restrictives de liberté prises avant un jugement définitif, représentent un point crucial de cet équilibre. Dans ce contexte, la Cour de Cassation, par son Arrêt n° 27815 du 12 juin 2025, a apporté d'importantes clarifications sur l'obligation de l'interrogatoire préalable dans des phases spécifiques de la procédure cautélaire, notamment lorsque le Tribunal de la Révision intervient sur appel du Ministère Public.
Les mesures cautélaires coercitives, qui affectent profondément la liberté personnelle, requièrent généralement un interrogatoire de garantie préalable, tel que prévu par l'article 291, alinéa 1-quater, du Code de Procédure Pénale. Cet interrogatoire est un pilier du droit de la défense. L'affaire traitée par la Cour Suprême concernait l'application d'une mesure coercitive par le Tribunal de la Révision, suite à l'appel du Ministère Public (conformément à l'art. 310 c.p.p.), soulevant la question de la nécessité effective d'un interrogatoire préalable même dans cette phase.
En matière de mesures cautélaires personnelles, l'application par le tribunal de la révision d'une mesure coercitive, suite à l'appel du ministère public, ne doit pas être précédée, dans les cas visés à l'art. 291, alinéa 1-quater, du code de procédure pénale, de l'interrogatoire préalable de l'inculpé, car le droit au contradictoire anticipé et celui de la défense sont assurés par la possibilité pour celui-ci de comparaître à l'audience pour la discussion de l'appel et de demander à être interrogé.
La décision de la Cassation, avec pour rapporteur le Dr T. F. et pour président le Dr F. G., rejette le recours de l'accusé S. A., affirmant que l'interrogatoire préalable n'est pas obligatoire dans cette phase spécifique. La Cour précise que le droit au contradictoire et de la défense ne disparaît pas, mais s'exerce différemment : l'inculpé a la faculté de comparaître à l'audience du Tribunal de la Révision et de demander à être interrogé, exerçant ainsi son droit à fournir des éclaircissements et à se défendre.
Le Tribunal de la Révision joue un rôle crucial dans le contrôle des mesures cautélaires. L'arrêt n° 27815/2025 souligne que, même sans interrogatoire préalable ex art. 291 c.p.p., les garanties pour l'inculpé sont assurées :
Ce cadre garantit un contradictoire effectif et rapide, en ligne avec les principes constitutionnels et les directives européennes, sans alourdir une procédure qui requiert célérité.
La décision de la Cour de Cassation n° 27815/2025 consolide un courant jurisprudentiel (déjà anticipé par des arrêts tels que le N° 14958/2019 et le N° 17274/2020 des Sections Unies) visant à trouver un équilibre entre l'efficacité des mesures cautélaires et la sauvegarde des droits individuels. L'absence d'un interrogatoire préalable en cas de révision sur appel du P.M. ne porte pas atteinte au droit de la défense, mais le redéfinit dans le contexte spécifique, en assurant que l'inculpé ait toujours la possibilité de faire valoir ses raisons à un moment procédural adéquat. Ceci contribue à une plus grande clarté et prévisibilité du droit, essentiel à l'administration de la justice.