Le rêve d'acquérir sa 'première maison' s'accompagne souvent d'une série d'avantages fiscaux conçus pour encourager l'accès à la propriété immobilière. Cependant, le chemin n'est pas toujours linéaire, surtout lorsque le contribuable possède déjà d'autres biens immobiliers. La récente ordonnance de la Cour de cassation n° 15502, publiée le 10 juin 2025, offre des éclaircissements importants sur une question cruciale : la compatibilité entre la pré-possession d'autres biens immobiliers et le droit à l'avantage 'première maison'. Cette décision, dont le président était le Dr G. M. S. et le rapporteur le Dr A. M. S., s'inscrit dans un débat juridique de grande importance pour les contribuables italiens, notamment dans le litige entre D. G. M. et A.
L'avantage 'première maison' représente l'un des avantages fiscaux les plus significatifs dans le secteur immobilier, permettant aux contribuables d'acquérir une habitation bénéficiant d'un régime fiscal avantageux (par exemple, une taxe d'enregistrement réduite). La réglementation de référence est principalement le DPR du 26 avril 1986, n° 131 (Texte unique de l'impôt sur l'enregistrement). Parmi les conditions fondamentales pour bénéficier de cet avantage figure, en règle générale, l'absence d'autres droits de propriété, d'usufruit, d'usage et d'habitation sur des biens immobiliers situés dans la même commune où l'on entend acquérir la 'première maison', ou sur tout bien immobilier sur l'ensemble du territoire national acquis avec les mêmes avantages. Mais que se passe-t-il si le contribuable possède déjà un autre bien immobilier qui, pour une raison quelconque, ne peut être utilisé comme habitation ?
C'est précisément sur cette question que porte l'ordonnance n° 15502/2025, qui rejette le recours et confirme l'orientation déjà exprimée par la Commission fiscale régionale de Turin. La Cour de cassation, par cette décision, a cristallisé un principe de droit d'une portée considérable. Voici la maxime intégrale :
En matière d'impôt sur l'enregistrement, la pré-possession d'autres biens immobiliers ne fait pas obstacle à l'avantage dit 'première maison' en raison de leur inaptitude, objective et subjective, en tant qu'habitation, avec la charge de la preuve incombant au contribuable et l'appréciation des faits réservée au juge du fond.
Cette maxime est d'une importance fondamentale car elle clarifie que la simple pré-possession d'un autre bien immobilier n'est pas automatiquement un obstacle à l'obtention de l'avantage 'première maison'. La clé réside dans "l'inaptitude, objective et subjective, en tant qu'habitation" du bien déjà possédé. Mais que signifient exactement ces termes ?
La Cour souligne en outre deux aspects cruciaux : "la charge de la preuve incombant au contribuable" et "l'appréciation des faits réservée au juge du fond". Cela signifie qu'il appartient au contribuable de démontrer de manière sans équivoque l'inaptitude du bien pré-possédé. Le juge du fond aura la tâche d'évaluer, au cas par cas, si les preuves fournies sont suffisantes pour justifier l'inaptitude, la Cour de cassation ne pouvant entrer dans le fond de ces appréciations factuelles, sauf vices de motivation.
Pour les contribuables, l'ordonnance 15502/2025 représente une opportunité mais aussi un défi. L'opportunité réside dans la possibilité d'accéder à l'avantage même en présence d'autres biens immobiliers, à condition que ceux-ci soient effectivement inutilisables pour leurs besoins d'habitation. Le défi est lié à la charge de la preuve, qui exige une documentation précise et une stratégie juridique bien définie. Il sera fondamental de recueillir des preuves attestant de l'inaptitude effective, telles que des expertises techniques, des certificats d'inhabitabilité, des documents médicaux (en cas d'inaptitude subjective liée à un handicap), ou des documents attestant de la destination non résidentielle du bien.
L'ordonnance de la Cour de cassation n° 15502/2025 réaffirme un principe d'équité substantielle, évitant qu'une simple pré-possession formelle n'empêche l'accès à un avantage fiscal destiné à favoriser l'achat de la véritable 'première maison'. Cependant, la complexité de la matière fiscale et l'importance de la charge de la preuve rendent indispensable l'assistance de professionnels expérimentés. Un avocat spécialisé en droit fiscal pourra guider le contribuable dans la collecte de la documentation nécessaire, dans l'évaluation du bien-fondé de ses prétentions et dans la gestion éventuelle du litige, garantissant la pleine protection de ses droits. Dans un contexte normatif en constante évolution, s'en remettre à une consultation juridique qualifiée est le choix le plus sage pour naviguer en toute sécurité dans les méandres de la bureaucratie et obtenir les avantages auxquels on a droit.