La prescription du droit à la réparation du dommage, surtout lorsqu'il découle d'un fait illicite qui est également une infraction pénale, est un sujet juridique crucial. La Cour de Cassation, par son Ordonnance n° 16132 du 16 juin 2025, a apporté une clarification fondamentale sur le point de départ du délai. Cette décision est essentielle pour ceux qui ont subi un préjudice et souhaitent en demander réparation, particulièrement lorsque le fait revêt une importance pénale.
L'article 2947 du Code Civil italien (c.c.) établit une prescription quinquennale pour la réparation des faits illicites. Le paragraphe 3 déroge à cette règle : si le fait constitue une infraction pénale et que celle-ci est soumise à une prescription plus longue, cette dernière s'applique également à l'action civile. Le "dies a quo" (point de départ) est la question clé, en relation avec l'article 2935 c.c. La Cassation clarifie le rapport entre la procédure pénale et la procédure civile.
La Troisième Chambre Civile de la Cassation, par l'Ordonnance n° 16132/2025 (Président Dr. F. R. G. A., Rapporteur Dr. P. S.), a résolu les incertitudes concernant l'interaction entre la procédure civile et pénale. La décision, dans le litige opposant l'Avvocatura Generale dello Stato (Avocat Général de l'État) à M. C. M. U., a établi un principe cardinal pour la protection des droits à réparation. La Cour Suprême a énoncé que :
Aux fins de l'application de la discipline contenue dans la seconde période du paragraphe 3 de l'article 2947 c.c. – qui, pour l'hypothèse d'un fait illicite considéré par la loi comme une infraction pénale, prévoit que le délai de prescription commence à courir à compter de l'irrévocabilité de la décision pénale – la constitution de partie civile est nécessaire, avec pour conséquence qu'en son absence, le délai de prescription plus long prévu pour l'infraction court à compter de la date du fait, étant donné que la simple pendance du procès pénal ne rend pas impossible l'exercice du droit à réparation et qu'en l'absence d'une disposition dérogatoire expresse, le principe général de l'article 2935 c.c. doit être appliqué.
Cette maxime est fondamentale : le bénéfice du délai de prescription plus long, lié à l'irrévocabilité de la décision pénale, n'est pas automatique. Il ne s'active que si la victime s'est constituée partie civile dans la procédure pénale. Sans cet acte, le délai pour l'action en réparation reste ancré à la date du fait dommageable, conformément à l'article 2935 c.c. La pendance d'un procès pénal n'empêche pas d'agir en justice civile.
L'Ordonnance n° 16132/2025 a des conséquences précises pour les victimes :
Cette interprétation garantit la sécurité juridique et incite à l'exercice rapide des actions en réparation.
L'Ordonnance n° 16132/2025 constitue une référence cruciale. Pour bénéficier des délais de prescription plus étendus, la constitution de partie civile dans le procès pénal est impérative. Son omission peut compromettre le droit à réparation. Il est essentiel de s'adresser à des professionnels du droit expérimentés pour une stratégie correcte et la pleine protection de ses droits.