L'intervention récente de la Cour de Cassation avec l'ordonnance n° 17054 du 20 juin 2024 offre des éclaircissements importants sur la juridiction en matière de santé, en particulier concernant le paiement des prestations fournies aux patients non autonomes. Cette décision s'inscrit dans un contexte juridique complexe, où les questions patrimoniales et les dynamiques contractuelles entre les établissements de santé et les familles des patients jouent un rôle central.
La Cour a examiné le cas d'un établissement de santé qui a demandé le paiement de prestations fournies à une personne âgée non autonome, sur la base d'un contrat de séjour stipulé par un membre de la famille agissant en tant que garant. L'élément crucial de la décision a été la reconnaissance de la juridiction ordinaire pour les litiges de nature patrimoniale. La Cour a établi que ces demandes, relatives au paiement de prestations de santé, relèvent de la compétence du juge ordinaire, excluant toute implication de l'Administration Publique (AP) ou l'exercice de pouvoirs discrétionnaires.
Prestations de santé - Séjour en régime conventionné - Paiement de la contrepartie - Juridiction du juge ordinaire - Existence - Fondement. La demande introduite par une structure sanitaire pour le paiement de la contrepartie de prestations de santé exécutées à l'égard d'une personne âgée non autonome sur la base d'un contrat de séjour stipulé par un membre de la famille à titre de garant, compte tenu du *petitum* substantiel de la prétention faite valoir, relève de l'ensemble des litiges à contenu purement patrimonial relevant de la juridiction ordinaire, sans qu'un pouvoir d'intervention de l'AP n'ait de pertinence pour la protection d'intérêts généraux, ni que l'exercice de pouvoirs discrétionnaires-évaluatifs inhérents à la détermination de la contrepartie ne soit impliqué, et sans que le régime de conventionnement entre l'entité locale et la structure RSA (Résidence Sanitaire Assistée) individuelle n'ait de pertinence, en particulier.
Cet arrêt a plusieurs implications pratiques, tant pour les établissements de santé que pour les familles des patients. Parmi les principales considérations émergent :
En conclusion, l'ordonnance n° 17054 de 2024 représente une étape significative dans la définition de la juridiction en matière de prestations de santé. Elle souligne l'importance de la juridiction ordinaire dans les litiges patrimoniaux, mettant en lumière la nécessité d'une approche plus directe et transparente dans la gestion des contrats de séjour. Les établissements de santé et les familles doivent être conscients de ces dynamiques pour naviguer efficacement dans le paysage juridique et protéger les droits des patients.