Le monde des marchés publics est depuis toujours caractérisé par une série de normes et de procédures qui protègent les intérêts des parties impliquées. La récente ordonnance n° 10603 du 19 avril 2024 de la Cour de cassation, présidée par A. V., offre des clarifications importantes sur la question des réserves émises par l'entrepreneur et leur éventuelle renonciation. Examinons ensemble les détails de cet arrêt et ses implications.
Dans cette ordonnance, la Cour a examiné un cas spécifique concernant un marché pour la réalisation d'ouvrages publics. La question centrale était de savoir si la signature d'un acte de soumission par l'entrepreneur, contenant des modifications à la convention d'origine, pouvait être interprétée comme une renonciation tacite aux réserves émises pendant l'exécution des travaux.
En général. En matière de marché pour la réalisation d'ouvrages publics, la signature par l'entrepreneur d'un acte de soumission contenant des modifications à la convention d'origine et portant sur une variante et un ajustement du projet relatif à l'achèvement des ouvrages, ne peut être interprétée comme une renonciation de l'entrepreneur aux réserves émises en cours d'exécution, pour laquelle une déclaration de volonté expresse du titulaire du droit renoncé est nécessaire, ou un comportement concluant de sa part apte à manifester de manière univoque sa volonté effective et définitive d'abdiquer à son droit.
La Cour a ainsi établi que, pour qu'une renonciation aux réserves soit considérée comme valable, une déclaration explicite de l'entrepreneur est nécessaire, ou un comportement démontrant clairement sa volonté de renoncer à ces droits. Cette position est en ligne avec les principes généraux du droit, selon lesquels la renonciation à un droit doit être expresse et ne peut être déduite implicitement.
L'arrêt a des conséquences importantes pour les opérateurs du secteur des marchés publics, en particulier pour les entrepreneurs. Voici quelques points clés :
Il est donc fondamental que les entrepreneurs prêtent attention au langage utilisé dans les documents contractuels et aux modalités de communication avec les maîtres d'ouvrage.
En conclusion, l'ordonnance n° 10603 de 2024 représente une avancée importante dans la protection des droits des entrepreneurs. Elle souligne l'importance d'une renonciation claire et documentée aux réserves, évitant ainsi de futurs litiges et malentendus. Les opérateurs du secteur doivent être conscients de ces indications pour mieux gérer leurs relations contractuelles et protéger leurs droits.