Validité de la plainte sans authentification : Analyse de l'arrêt de la Cour de cassation n° 19028/2025

Dans le paysage complexe du droit pénal, la plainte représente un acte fondamental pour l'ouverture de nombreuses procédures. Sa rédaction et sa présentation correctes font souvent l'objet de débats et d'interprétations jurisprudentielles. Un aspect particulièrement délicat concerne la nécessité de l'authentification de la signature. La Cour de cassation, par son récent arrêt n° 19028 de 2025, s'est prononcée sur un cas spécifique, fournissant une interprétation éclairante qui vise à équilibrer les exigences de forme avec la substance de l'acte.

La plainte dans le système juridique italien : exigences et fonction

La plainte est la manifestation de volonté, de la part de la personne lésée par une infraction non poursuivable d'office, de poursuivre pénalement le responsable (art. 336 c.p.p.). C'est un acte très personnel et irrévocable (sauf remise) qui, une fois présenté, met en marche la machine judiciaire pour la protection des biens juridiques individuels. Son importance est telle que le législateur a prévu des modalités spécifiques pour sa présentation, telles que définies par l'art. 337 c.p.p., qui en réglemente la déclaration et la forme.

Traditionnellement, l'une des exigences formelles les plus discutées a été celle de l'authentification de la signature. Cette authentification a pour but de garantir la provenance de l'acte de la personne qui le signe et sa pleine volonté. Cependant, que se passe-t-il lorsque la plainte est présentée sans que la signature ne soit authentifiée, mais dans un contexte qui en atteste de toute façon l'authenticité ?

Le nœud de l'authentification : le contexte de l'arrêt n° 19028/2025

La question abordée par la Cour suprême dans l'arrêt n° 19028 de 2025, rendu par la Section 5 (Président M. G. R. A., Rapporteur O. A.), concerne précisément un cas de ce type. L'accusé, B. G., était impliqué dans une procédure où la plainte avait été déposée par P. M. T. sans que sa signature ne soit authentifiée. Cependant, la plainte avait été déposée simultanément à l'acte de nomination du défenseur de confiance de la même personne lésée, acte dans lequel la signature de l'avocat était régulièrement authentifiée. Le Tribunal de Syracuse, en date du 30/10/2024, avait manifestement soulevé des doutes sur la validité d'une telle plainte, mais la Cour de cassation a annulé la décision avec renvoi.

La Cour a dû trancher le conflit entre l'exigence de respecter les formes de la plainte et la nécessité de ne pas annuler la volonté de la personne lésée lorsque celle-ci est clairement manifestée par d'autres actes procéduraux concomitants. La maxime qui synthétise le principe exprimé est la suivante :

Le défaut d'authentification de la signature apposée en bas de la plainte n'en entraîne pas l'invalidité si celle-ci est déposée simultanément à l'acte de nomination du défenseur de confiance de la même personne lésée avec signature authentifiée par l'avocat.

Cette décision est d'une importance fondamentale. La Cour de cassation, conformément à des orientations antérieures (comme la n° 9722 de 2009 Rv. 242977-01), a réaffirmé un principe de substantialité. L'authentification de la signature sur la plainte n'est pas une fin en soi, mais un moyen d'assurer que l'acte émane effectivement de la personne lésée et qu'il est l'expression de sa volonté. Si cette garantie est fournie par un autre acte concomitant et également certain, comme la nomination du défenseur de confiance avec signature authentifiée par l'avocat, alors l'exigence substantielle est satisfaite.

Cela signifie que la validité de la plainte est assurée si les conditions suivantes sont remplies :

  • La plainte est dépourvue de l'authentification de la signature de la personne lésée.
  • La plainte est déposée de manière concomitante (c'est-à-dire simultanément) à un autre acte.
  • Cet acte concomitant est la nomination du défenseur de confiance de la même personne lésée.
  • La signature du défenseur de confiance sur l'acte de nomination a été authentifiée par l'avocat lui-même.

De cette manière, l'identité de la personne lésée et sa volonté de porter plainte sont certifiées par l'intervention du défenseur, qui assume la pleine responsabilité de la provenance de l'acte, conformément à ce qui est prévu par les articles 96 et 101 c.p.p. en matière de nomination et de pouvoirs du défenseur.

Implications pratiques et orientations jurisprudentielles

Cette décision a des implications pratiques notables. Pour les citoyens, cela signifie qu'un défaut purement formel sur la plainte, lorsqu'il est accompagné d'une manifestation de volonté claire et vérifiable par l'intermédiaire de leur avocat, ne portera pas préjudice à l'action pénale. Pour les professionnels du droit, elle offre une plus grande clarté sur la manière de gérer des situations similaires, en évitant que de simples imperfections formelles ne compromettent l'accès à la justice. La jurisprudence tend de plus en plus à privilégier la substance sur la forme, surtout lorsque la volonté du sujet est sans équivoque et garantie par des professionnels tels que les avocats, qui assument des responsabilités éthiques et légales précises.

Conclusions : un équilibre entre forme et substance

L'arrêt n° 19028 de 2025 de la Cour de cassation représente une pièce importante dans l'interprétation des normes procédurales pénales. Il confirme l'orientation d'un système judiciaire qui, tout en maintenant fermement les principes de garantie et de légalité, sait s'adapter pour assurer l'effectivité de la protection des droits. La validité de la plainte, même en l'absence d'authentification directe de la signature, si elle est soutenue par un acte de nomination du défenseur authentifié, est un exemple de la manière dont la jurisprudence recherche un équilibre entre la rigueur formelle et la nécessité de ne pas entraver l'exercice d'un droit fondamental comme celui de recourir aux voies légales. Pour tout doute sur la rédaction et la présentation correctes d'une plainte, il est toujours conseillé de s'adresser à un professionnel du droit.

Cabinet d'Avocats Bianucci