Mandat d'Arrêt Européen et Résiliation du Jugement : l'Arrêt 11447/2024 de la Cour de Cassation

Le paysage juridique italien s'est récemment enrichi de l'arrêt n° 11447, déposé le 20 mars 2025 (délibéré le 24 octobre 2024), de la Cour de Cassation. Cette décision aborde un aspect crucial de la coopération judiciaire internationale : le point de départ du délai de résiliation du jugement dans le cadre du Mandat d'Arrêt Européen (MAE). La décision, qui annule sans renvoi une précédente décision de la Cour d'Appel de Gênes, offre une clarification fondamentale pour les droits de la défense des personnes impliquées dans des procédures transnationales.

Le MAE et la Résiliation du Jugement : un équilibre nécessaire

Le Mandat d'Arrêt Européen, introduit par la Décision-Cadre 2002/584/JAI et transposé en Italie par le D.Lgs. n° 31 de 2016, est un instrument essentiel pour accélérer la remise des personnes condamnées ou poursuivies entre les États membres de l'UE. L'efficacité ne peut compromettre les droits fondamentaux. C'est ici qu'intervient la résiliation du jugement (art. 629-bis c.p.p.), un recours extraordinaire qui permet au condamné, n'ayant pas eu connaissance effective du procès ou du jugement pour des vices de notification ou force majeure, de demander la révocation de la condamnation définitive. Le délai pour cette demande est de trente jours, dont la correcte détermination est vitale pour l'exercice du droit de la défense.

La Maxime de la Cassation : clarté sur le point de départ

L'arrêt n° 11447/2024 de la Cassation intervient précisément sur la délicate question du point de départ de ce délai, fournissant une interprétation univoque et garantiste. Voici la maxime qui résume le principe établi :

Dans le cas d'une personne demandée en remise en exécution d'un mandat d'arrêt européen exécutoire et détenue en prison, le délai pour proposer la résiliation du jugement court à partir du moment de la remise du condamné.

Cela signifie que, pour un individu tel que L. S. N., remis aux autorités italiennes via un MAE exécutoire, la période de trente jours pour demander la résiliation du jugement ne commence pas à compter de l'arrestation dans le pays d'exécution, mais uniquement à partir du moment où le condamné est physiquement pris en charge par les autorités judiciaires de l'État requérant. Cette interprétation est cruciale car elle assure au condamné le temps et les conditions appropriées pour prendre pleinement conscience de sa situation juridique et pour pouvoir agir légalement avec le soutien d'un défenseur dans le nouveau contexte procédural, conformément aux principes du procès équitable et du droit de la défense.

Implications et références normatives clés

La décision de la Cassation renforce les principes de garantie du droit de la défense, consacrés par l'art. 24 de la Constitution et l'art. 6 de la CEDH, ainsi que par les Directives européennes sur les droits procéduraux (par ex. Directive 2016/343/UE). La Cour a reconnu les difficultés dans les procédures transfrontalières, où le sujet peut se trouver dans une position de désavantage informationnel. La décision clarifie que la protection offerte par la résiliation du jugement doit être effective. Les principales références normatives incluent :

  • Articles 629-bis et 175 c.p.p. (résiliation du jugement et restitution en termes).
  • Décret Législatif n° 31 de 2016 (mise en œuvre du MAE).
  • Décisions et Directives du Conseil CEE (2002/584, 2016/343), piliers du droit pénal européen.

Conclusions : certitude et garantie en droit pénal international

L'arrêt n° 11447/2024 de la Cour de Cassation représente un point d'ancrage dans le délicat équilibre entre coopération judiciaire internationale et protection des droits individuels. En définissant clairement le point de départ du délai pour la résiliation du jugement en cas de MAE, la Cour apporte non seulement une plus grande sécurité juridique, mais réaffirme également l'importance des garanties défensives dans les contextes transnationaux. Pour ceux qui sont confrontés à ces dynamiques complexes, une consultation juridique spécialisée en droit pénal international est plus que jamais essentielle pour assurer la pleine protection de leurs droits dans un système qui, malgré son évolution, doit rester ancré aux principes de justice et d'équité.

Cabinet d'Avocats Bianucci