Exercice importun de la mendicité : analyse de l'arrêt n° 29233 de 2024

L'arrêt n° 29233 du 22 mai 2024, rendu par la Cour de cassation, offre une réflexion importante sur le délit d'exercice importun de la mendicité, abordant en particulier la question de la prescription. Cette décision s'inscrit dans un contexte juridique complexe, où la protection des biens juridiques et la définition des délits habituels revêtent un rôle crucial.

Le contexte juridique de la mendicité importune

La mendicité, en tant que pratique de demande d'aide à la collectivité, peut prendre différentes formes. Cependant, lorsqu'elle devient importune, elle peut être qualifiée de délit. La Cour de cassation, par l'arrêt examiné, a réaffirmé que l'exercice importun de la mendicité peut être considéré comme un délit éventuellement habituel, ce qui signifie qu'il peut être constitué soit par un acte unique, soit par la répétition de plusieurs actes homogènes.

  • Un seul épisode de mendicité importune peut constituer un délit.
  • La répétition de tels épisodes contribue à configurer un délit habituel.
  • La prescription court à compter du dernier acte illicite commis.

Le principe de prescription et son application

L'une des questions les plus pertinentes abordées par la Cour concerne le point de départ des délais de prescription. La maxime de l'arrêt établit que « l'exercice importun de la mendicité est un délit éventuellement habituel, pouvant être constitué tant par un fait unique que par la répétition d'une pluralité de faits homogènes, de sorte que, dans ce dernier cas, les délais de prescription courent à compter de la commission du dernier acte illicite, car ce n'est qu'à ce moment-là que cesse le danger de lésion des biens protégés par la norme incriminatrice. » Ce principe est fondamental, car il établit que la prescription ne commence à courir qu'à partir du dernier acte susceptible de porter atteinte aux biens juridiques protégés.

Conclusions

L'arrêt n° 29233 de 2024 représente une étape importante dans la jurisprudence concernant la mendicité importune. Il clarifie que la répétition d'actes de mendicité importune peut constituer un délit habituel et que la prescription court à compter du dernier acte commis. Cette interprétation contribue non seulement à mieux définir les limites de ce délit, mais offre également un outil utile pour la protection des biens juridiques concernés. Il est essentiel que les professionnels du droit et l'administration publique tiennent compte de ces indications dans la gestion des cas de mendicité importune.

Cabinet d'Avocats Bianucci